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Le New York Times s'interroge sur la rapidité de réaction de la police le soir des attentats du 13 novembre

Sur les lieux de la fusillade de la rue de Charonne, le 13 novembre 2015. PIERRE CONSTANT / AFP.

Sur les lieux de la fusillade de la rue de Charonne, le 13 novembre 2015. PIERRE CONSTANT / AFP.

L'organisation des forces de l'ordre françaises était-elle optimale pour faire face aux attentats coordonnés qui ont frappé Paris le 13 novembre? C'est la question que pose le New York Times, six semaines après les attaques qui ont fait 130 morts dans la capitale et à Saint-Denis.

Le quotidien prend la précaution d'expliquer que, face à ce «scénario cauchemar», il n'y a «pas de doute que la police française a réagi avec bravoure», qu'«une réponse coordonnée et sans heurts aurait sans doute été impossible pour n'importe quelles forces de police» et que des interrogations avaient également émergé, après le 11-Septembre, sur les délais d'interventions des pompiers et de la police aux États-Unis. Mais il pointe néanmoins que «la chaîne de commandement très centralisée [...] a contribué à des retards» et que, selon plusieurs experts, «une plus grande présence de la police de proximité aurait pu limiter les massacres». «Il y a une question de rapidité de réaction», explique au quotidien Christian Mouhanna, chercheur spécialiste de la sécurité au CNRS. «Nous avons beaucoup d'officiers dans des bureaux, mais pas tant que cela sur le terrain.»

Le New York Times rappelle que la tentative d'une «police de proximité» à la fin des années 1990 s'était révélée impopulaire auprès des syndicats de police. (Notons néanmoins que l'équipement d'une telle police se révèlerait de toute façon peu opérant face aux armes lourdes des terroristes et que, par ailleurs, c'est un commissaire de la BAC qui est entré le premier au Bataclan et a abattu Samy Amimour, un des preneurs d'otages, avec son arme de service.)

Dans une interview publiée fin novembre par Libération, Christophe Molmy, le patron de la BRI, avait expliqué avoir été informé des tirs aux terrasses parisiennes à 21h47, 22 minutes après la première fusillade survenue au carrefour des rues Bichat et Alibert (Xe arrondissement) et sept minutes après la dernière attaque, survenue boulevard Voltaire (XIe arrondissement). La BRI est partie à 22 heures du 36, quai des Orfèvres, dans le centre de Paris, pour la rue de Charonne, où une attaque avait eu lieu 24 minutes plus tôt, puis est arrivée au Bataclan à 22h15, une demi-heure après le début des attaques. La BRI avait pris des mesures depuis l'été dernier pour être plus mobile et plus rapide pour intervenir. Selon Marianne, elle pourrait à l'avenir doubler de volume et instaurer une permanence 24h/24.

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