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Des Saoudiens se plaignent d'être harcelés par des femmes dans les magasins

À Ryad, en février 2012. REUTERS/Fahad Shadeed.

À Ryad, en février 2012. REUTERS/Fahad Shadeed.

En Arabie saoudite, les femmes ne peuvent pas conduire, doivent être couvertes de la tête aux pieds et ne peuvent pas sortir non accompagnées par un homme, mais tous ces interdits ne les empêchent pas d'être parfois téméraires. Dans un centre commercial de Jeddah, seize hommes se sont plaints d'avoir été harcelés par des femmes, rapporte le site Saudi Gazette.

Selon le personnel de sécurité, les hommes accusent les femmes de les avoir sifflés, appelés et suivis dans les magasins. Le manager du centre commercial affirme qu'il détient des extraits de vidéosurveillance confirmant les dires des «victimes» masculines. Il a même précisé que les vidéos avaient été remises à la police, mais que les hommes n'avaient pas porté plainte officiellement par peur d'être stigmatisés.

Plusieurs hommes interviewés ont expliqué que la solution à ce problème était une plus stricte ségrégation des sexes dans les espaces publics, alors que les femmes interviewées disent que les harceleuses cherchaient tout simplement un mari.

La séparation des sexes est très rigide et contrôlée par la police religieuse du royaume: dans les restaurants, les femmes mangent séparément et de nombreux établissements publics, comme les banques, ont des portes spéciales pour les femmes. 

Il n'y a pas de lois contre le harcèlement sexuel en Arabie Saoudite, et dans la très grande majorité des cas, ce sont les femmes qui en sont victimes. Cet été, une vidéo d'une femme tapant son harceleur sur la tête avec un balai était devenue virale. Mais les femmes harcelées sont souvent accusées d'être responsables de leur harcèlement. En août, une vidéo montrait un groupe d'hommes harcelant deux femmes et les empêchant de marcher. Mais un conseiller juridique avait déclaré que ces femmes avaient agi de manière séductrice (car elles avaient apparemment fait rire les hommes) et qu'il était donc injuste de poursuivre les hommes sans mener aussi une enquête sur les femmes qui avaient «séduit et causé cet incident».

En 2014, une proposition de loi pour la criminalisation du harcèlement sexuel avait été rejetée car plusieurs députés avaient dit que cela encouragerait plus d'interactions entre hommes et femmes.

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