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En Israël, un roman sur l'amour entre une Israélienne et un Palestinien interdit à l'école

Une école à Jerusalem I REUTERS/Ronen Zvulun

Une école à Jerusalem I REUTERS/Ronen Zvulun

«Gader Haya» de de l'écrivaine israélienne Dorit Rabinyan ne sera pas étudié au lycée.

Le ministère de l'Éducation israélien vient d'interdire l'enseignement dans les lycées d'un roman qui décrit une histoire d'amour entre une traductrice israélienne et un artiste palestinien, rapporte Haaretz.

Un panel de spécialistes avait approuvé le livre Gader Haya, de l'écrivaine israélienne Dorit Rabinyan, suite aux demandes de plusieurs professeurs de littérature, mais deux officiels se sont opposés à l'inclusion du livre dans le cursus.

Parmi les raisons de l'interdiction, les deux membres du ministère ont cité le fait que «les relations intimes entre juifs et non-juifs représentent une menace à une identité distincte».

Un ministre issu de la droite nationaliste

Selon Dalia Fenig, du ministère de l'Éducation, de nombreux parents seraient opposés à ce que leurs enfants étudient ce livre, et elle a écrit dans une lettre d'explication:

«Les adolescents ne prennent pas en compte les considérations sur le maintien de l'identité nationale et ethnique, et ne réfléchissent pas à la signification des mariages mixtes.»

Depuis mai 2015, le ministère de l'Éducation israélien est dirigé par Naftali Bennett, le leader du parti de droite nationaliste et religieux Foyer Juif, et son influence idéologique se fait ressentir dans cette décision de censure.

Un autre officiel du ministère, Shlomo Herzig, a fait appel de l'interdiction, pour l'instant sans succès. Il a déclaré en réponse à la censure: «Le gros problème de la société israélienne aujourd'hui, c'est l'ignorance terrible et le racisme qui se propagent, pas les inquiétudes sur les mariages mixtes.»

Ironie du sort

Une députée du parti de gauche Meretz a annoncé qu'il y aurait une manifestation contre cette interdiction devant le ministère.

Interviewée par Haaretz, l'auteure du livre s'est dite étonnée de cette décision, d'autant plus qu'à travers son héroïne israélienne, le roman aborde justement la question du mariage mixte et de ses conséquences sur l'identité juive:  

«Son choix difficile de renoncer à l'amour est le choix d'une jeune femme dont l'identité sioniste est très forte. Il y a quelque chose d'ironique dans le fait que ce roman qui évoque la peur qu'ont les juifs de s'assmiler dans le Moyen-Orient ait finalement été rejeté à cause de cette même peur.»

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