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La déchéance de nationalité, un concept de la Rome antique

Le Colisée de nuit | Ignacio Garcia via Flickr CC License by

Le Colisée de nuit | Ignacio Garcia via Flickr CC License by

Dans certains cas, un citoyen pouvait déjà perdre ses droits dans l'empire romain.

Et si la déchéance de nationalité avait une grande sœur antique? Sur le site de la prestigieuse Revue des deux mondes, l’universitaire Jean-Yves Boriaud évoque le précédent romain. Car, sous la république romaine comme sous l’empire des augustes, la citoyenneté était la grande affaire de cette civilisation qui a dominé plusieurs siècles l’Europe et le bassin méditerranéen.

Être citoyen, c’était cumuler, contrairement aux «pérégrins» (les habitants non romains de l’empire), aux «externi» (gens venus de régions étrangères aux possessions de Rome) et bien sûr aux esclaves, un certain nombre de droits: droit de propriété, de mariage, d’attaquer en justice, de faire appel, de voter, d’être élu... mais suivant ses revenus. En contrepartie, rappelle Jean-Yves Boriaud, le citoyen devait s’acquitter d’un service militaire et satisfaire tous les cinq ans à une déclaration de patrimoine scrupuleuse.

Intégration culturelle

Mais il était aussi possible de perdre cette citoyenneté. En cas de manquement à l’une des deux obligations mentionnées, le citoyen s’exposait à la deminutio capitis. Cette mesure permettait notamment de priver de ses droits juridiques le contrevenant.

Il y a quelques semaines, l’historien Robert Frank avait déjà dressé le parallèle entre le climat politique actuel et l’empire romain. Selon lui, depuis quelques temps, les empires dans leur globalité «sont en vogue» auprès des politiques. Le souvenir de Rome est censé, en particulier, faire rêver en raison de sa capacité à agréger de nouvelles populations et de nouvelles provinces à une direction déjà ancienne sans (trop de) heurt(s). 

«Le meilleur des liens impériaux»

On admire aussi la faculté qu’avait le régime impérial à marier les cultures en bonne intelligence. Enfin, on en revient à l’importance de la citoyenneté romaine «qui, se superposant aux identités locales, est supposée casser les tentations d’exclusions et créer cette fière allégeance à Rome, le meilleur des liens impériaux» et a fasciné de nombreux personnages jusqu’à John Fitzgerald Kennedy.

Mais attention à ne pas enjoliver à outrance ces exemples, nous dit-on. Car si «l’aigle impérial est beau, ses griffes sont acérées» et le vivre-ensemble impérial n’impliquait pas forcément la volonté des populations de vivre ensemble et pas de cette manière-là. Rome, une cité pas si idéale finalement.

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