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L'algorithme détectant les photos mémorables a des progrès à faire

Repéré par Christophe-Cécil Garnier, mis à jour le 30.12.2015 à 14 h 48

Repéré sur The Washington Post, Discover, LaMem

Des chercheurs américains ont élaboré un algorithme pour savoir si des photos étaient mémorables ou non. Les résultats sur les photos historiques laissent songeur.

Capture d'écran de l'algorithme sur la photo de la fillette brûlée au napalm (Nick Ut/AP/SIPA).

Capture d'écran de l'algorithme sur la photo de la fillette brûlée au napalm (Nick Ut/AP/SIPA).

À quoi reconnaît-on une photo qui marque? À ce qu'elle représente? Ce qu'elle sous-entend? À sa beauté, tout simplement? Des chercheurs du laboratoire d'intelligence artificielle et d'informatique du MIT ont élaboré un algorithme permettant d'y répondre, en théorie. D'après Discover, les scientifiques ont d'abord mis en place une expérience où 5.000 participants regardaient des séries de 35 à 150 images et devaient identifier les photos qui revenaient. Les doublons étaient ainsi considérés comme «mémorables».

Les chercheurs ont effectué cette recherche sur 60.000 images, qui ont servi à développer cet algorithme. Ce dernier prédit le score de mémorabilité d'une image en simulant la capacité visuelle de l'être humain. L'outil est disponible en ligne et permet de vérifier ce qui fait la mémorabilité d'une photo et applique sur celle-ci un filtre de chaleur, une «heat map» qui montre les parties où l'oeil se porterait. Un des chercheurs, Aditya Khosla, a indiqué que «les parties du corps et les visages ont tendance à être très mémorables, à l'inverse des images montrant des scènes de plein air». Seulement, note le Washington Post, l'algorithme a un gros défaut: les photos historiques.

En effet, quoi de plus mémorables que ces photos qui ont traversé les âges? La photo de «la fillette et le vautour» au Soudan, illustrant la famine en Afrique et gagnante du prix Pulitzer (qui a valu également de nombreuses critiques à son auteur), n'a par exemple qu'un score de mémorabilité moyen (les scores vont de 0.000 à 0.999).

C'est même encore pire pour celle d'Eddie Adams, catégorisée comme «faible», qui a capturé l'instant avant l'exécution d'un rebelle vietnamien par le chef de la police du sud du Viêt Nam (là aussi, le contexte et l'impact de la photo firent regretter à Adams de l'avoir prise). Une autre photo historique et inoubliable de la Guerre du Viêt Nam, celle de «la fillette brûlée au napalm», obtient un score à peine meilleur.

Les portraits ont une meilleur mémorabilité

Selon le Washington Post, l'équipe de chercheurs est bien consciente des lacunes de son algorithme sur de telles photos, étant donné qu'il ne peut prendre en compte le contexte ou l'émotion qu'elles ont pu susciter. Prenant l'exemple de la photo de Neil Amstrong sur la Lune (classée en moyen), Aditya Khosla a expliqué au journal américain que ces moments historiques «avaient beaucoup trop de sens attaché».

Pourtant, des images historiques arrivent tout de même à obtenir un score assez haut. Le portrait du Che Guevara ou le cliché de Sharbat Gula, «l'Afghane aux yeux verts», sont notés comme ayant une mémorabilité «forte» ou «très forte». Cela s'explique néanmoins par la position du sujet photographique dans l'image et non pas par une quelconque prise en compte du contexte par l'algorithme.

D'autres photographies, comme le «baiser de Times Square» où les sujets sont également centraux, ne reçoivent à l'inverse qu'un indice moyen de mémorabilité. Cela rend l'algorithme assez complexe à décrypter. Sur une page spécialisée, l'outil propose les photos qui possèdent le plus fort indice de mémorabilité. En deuxième position se trouve la photo de trois télécommandes... Cependant, en y repensant, la stupéfaction liée à sa place la laisse, en effet, mémorable. 

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