France

Charaffe al-Mouadan, tué par l’armée américaine, n’était pas n’importe quel djihadiste

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 29.12.2015 à 18 h 06

Repéré sur Reuters, NBC News, Le Parisien

L'homme était parti en Syrie à l’été 2013. Il est soupçonné d’être lié aux attentats du 13 novembre.

Photographie (date inconnue) de Charaffe al-Mouadan obtenue par l’AFP le 29 décembre 2015

Photographie (date inconnue) de Charaffe al-Mouadan obtenue par l’AFP le 29 décembre 2015

C’est un tweet rédigé par le colonel Steve Warren, porte-parole de l’Operation Inherent Resolve (OIR, soit l’opération américaine contre le groupe État islamique dans le cadre de la coalition) qui nous l’apprend: le djihadiste Charaffe al-Mouadan, parti de France où il est né pour mener rejoindre l’organisation terroriste il y a deux ans, a été tué le 24 décembre.

 

«Info: Charaffe al-Mouadan, leader basé en Syrie en lien direct avec Abaaoud (chef de la cellule des attentats de Paris), a été tue le 24 décembre.»

Dans ce tweet, on remarque d’ailleurs que le colonel Warren souligne que Mouadan était directement en contact avec Abaaoud. NBC News permet d’y voir un peu clair et précise, comme on pouvait l’imaginer, que Mouadan a été tué durant un raid aérien.

Charaffe al-Mouadan n’est pas seulement un énième terroriste mort sous la bannière du fanatisme à des milliers de kilomètres de chez lui. Non, depuis décembre dernier, il était soupçonné d’être lié à la mise en place des attentats du 13 novembre, comme le détaillait longuement Le Parisien le 21 décembre.

«Tu comptes appeler Souleymane?»

Après les attaques, les enquêteurs ont ainsi eu l’occasion d’entendre un des rescapés du Bataclan, témoin d’une discussion animée entre deux assaillants, l’un demandant à l’autre s’il comptait «appeler Souleymane». Le second a alors répondu par la négative. 

Ce nom de Souleymane a intrigué les autorités, qui ont rapidement fait le rapprochement avec Mouadan, qui a adopté ce surnom en Syrie. Il faut dire que le faisceau de présomptions autour de cet homme, soupçonné donc d’avoir coordonné à distance les attaques de Paris, est déjà lourd. Il est né à Drancy comme Samy Amimour, un des kamikazes, il y a vingt-sept ans. Dès octobre 2012, Amimour et le futur Souleymane devaient s’expliquer en compagnie d’un troisième homme, Samir Bouabout, de leur volonté de partir au Yémen ou en Afghanistan devant la police. Mais les trois comparses ont cependant réussi à gagner la Syrie quelques mois plus tard, où ils se sont retrouvés.

L’agence de presse britannique Reuters a fait les comptes et établi qu’en plus de Charaffe al-Mouadan neuf cadres de l’EI ont été abattus dans le courant du mois de décembre. Abdul Kader Hakim, un des agents du service organisant les opérations de l’EI à l’étranger et en relation avec les criminels du 13 novembre, a aussi été éliminé à Mossoul le 26 décembre.

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