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Les États-Unis se félicitent d'apporter la «paix» et la «sécurité» en Syrie

Le 27 décembre, un combattant des Forces démocratiques syriennes regardant le barrage de Tichrin, repris aux membres de l’État islamique la veille | REUTERS/Rodi Said

Le 27 décembre, un combattant des Forces démocratiques syriennes regardant le barrage de Tichrin, repris aux membres de l’État islamique la veille | REUTERS/Rodi Said

La Syrie est en pleine guerre civile mais le département d’État américain fait de la paix en Syrie un des succès de la diplomatie américaine en 2015.

Pour commémorer l’année 2015, le département d’État américain, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères, a diffusé une liste de ses plus grandes réussites diplomatiques avec le hashtag #2015in5Words (2015 en cinq mots).

Sur le blog officiel du ministère, le porte-parole John Kirby énumère les succès de la diplomatie américaine«les relations diplomatiques avec Cuba rétablies»«la garantie d’un programme nucléaire iranien pacifique»«l’épidémie d’Ebola endiguée», ou encore «la négociation d’un accord historique sur le climat».

Comme le résume Elliot Hannon dans Slate.com, la plupart de ces accomplissements semblent légitimes, mais le dernier cité –«Amener la paix et la sécurité en Syrie»– ne correspond pas à la réalité.

Sur Twitter, ce dernier point fait déjà l’objet de moqueries:

«Le département d’État a seulement trois jours pour amener la paix en Syrie.»

La Syrie est en pleine guerre civile et la population fuit en masse les atrocités commises par Daech et le régime de Bachar el-Assad, mais le département d’État tenait tout de même à souligner certains «progrès»:

«Les États-Unis et de nombreux autres membres de la communauté internationale se sont mobilisés pour aider le peuple syrien en détresse –les États-Unis sont le pays qui a donné le plus d’aides humanitaires depuis le début de la crise en 2011. Sous l’impulsion de John Kerry, les États-Unis continuent de promouvoir une transition politique en Syrie et, sous sa direction, en décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a passé une résolution (sponsorisée par les États-Unis) qui met en place une feuille de route pour faciliter une transition vers un gouvernement syrien crédible et non sectaire qui répondrait aux besoins de la population.»

Malgré ces initiatives, il semble absurde de résumer la situation par les mots paix et sécurité. Comme le rappelle David Francis dans Foreign Policy, d’après les Nations unies, près de 250.000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, et plus de 11 millions de réfugiés ont quitté la région.

Dans une conférence de presse le lundi 28 décembre, un porte-parole du département d’État a défendu ce choix de mots en soulignant qu’il s’agissait d’un processus vers plus de paix:

«Écoutez, le mot important ici est “amener”, pas “a amené”, nous sommes en train d’amener la paix et la sécurité en Syrie.»

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