Faut-il autoriser les photos de soldats mourants?

Slate.fr, mis à jour le 05.10.2009 à 14 h 21

marine en Afghanista, Julie Jacobson pour AP.

marine en Afghanista, Julie Jacobson pour AP.

Julie Jacobson, photojournaliste de l'agence AP, est célèbre pour deux clichés: l'un montrant Britney Spears et Madonna s'embrassant langoureusement, l'autre un marine américain mourant sur le sol afghan. Si les deux images ont fait parler d'elles, la deuxième a suscité une énorme polémique, à tel point que jeudi dernier, le secrétaire à la Défense, Robert M. Gates, est intervenu personnellement contre la circulation de l'image. Gates a demandé au président d'AP d'«honorer la demande de la famille de retirer les photos de la publication, par respect pour leur fils».

 

 

Dans une, lettre Gates écrivait: «Votre manque de compassion et de bon sens dans le choix de mettre en une de plusieurs journaux américains cette image de leur fils mutilé et en détresse, est proprement sidérant. Ce n'est pas là une question de droit, de politique ou de constitutionnalité, mais de jugement et de décence».

L'agence AP a décidé de maintenir sa position. L'image avait déjà été envoyée, sous embargo jusqu'à une date de publication convenue. AP n'a pas demandé aux journaux de ne pas la publier. Certains ont cependant décidé de le faire de leur propre chef. Le Washington Post ne l'a par exemple publiée que sur le site, pas dans la version papier du quotidien.

A l'issue d'un débat interne, AP a estimé que le sens journalistique de la photo, la nécessité de montrer la réalité en Afghanistan, était du devoir de l'agence, et que ce devoir outrepassait toute autre considération.

Le débat autour des possibilités de publier ou non les images de blessés ou de morts ne se pose pas pour la première fois. Dans un éditorial du New York Times d'août 2008 intitulé «Les douloureuses images de guerre», Clark Hoyt expliquait qu'il était de plus en plus dur d'en publier, parce que le public était heurté, parce que les photographes sur le terrain étaient de moins en moins nombreux, parce que même ceux qui étaient sur le terrain, «embedded», n'avaient pas toujours la liberté de mouvement nécessaire.

[Lire l'article complet, voir les images de Jacobson et lire son commentaire sur Lens, le blog photo du New York Times]

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Image de une: marine en Afghanista, Julie Jacobson pour AP.

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