Culture

[VIDÉOS] Mort à 70 ans, Lemmy était un guide à travers cinquante ans de rock'n'roll

Tom Maxwell, traduit par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 29.12.2015 à 8 h 24

Une sélection à jouer au volume le plus fort possible.

Lemmy en concert à Glastonbury, le 26 juin 2015. REUTERS/Dylan Martinez.

Lemmy en concert à Glastonbury, le 26 juin 2015. REUTERS/Dylan Martinez.

Il clamait être indestructible, mais Ian Fraser «Lemmy» Kilmister nous a quittés, lundi 28 décembre. On se souviendra du chanteur, bassiste et seul membre permanent de Motörhead pour beaucoup de choses –son jeu de micro extrêmement teigneux, sa façon de jouer de la basse comme s’il était lead-guitariste, son grognement abrasif, son jem'enfoutisme absolu– mais songez surtout à lui comme à un guide à travers cinquante ans de rock’n’roll. Car malgré les étiquettes de «métal» ou «psychédélisme», «rock’n’roll» était avant tout le mot par lequel Lemmy décrivait sa musique.

En 1966, Lemmy (alors nommé Ian Willis) apparaît sur un single des Rockin’ Vickers. «It’s All Right» est une reprise assez affreuse des Who, mais son solo de guitare est merveilleusement percussif et atonal –ce type prend déjà le rock’n’roll très au sérieux.


À la fin des années 1960, Lemmy travaille comme roadie, notamment pour The Jimi Hendrix Experience. Il occupe aussi le poste pour Nice, un trio proto-prog dont fait partie Keith Emerson, plus tard de Emerson, Lake and Palmer, à l’orgue Hammond. Nice reprend, entre autres morceaux, «America», extrait de West Side Story. Dans ce clip live de 1968, on voit Emerson attaquer son propre instrument durant le solo –le couteau qu’il plante dans son clavier à 2’11’’ est la propre lame de Lemmy.


En 1968, Lemmy ajoute une corde de plus à son arc: le chant. Le voici avec Sam Gopal comme chanteur et guitariste lead sur «Escalator». Le groupe Gopal tirait son nom de ce musicien né en Malaisie, qui avait opté pour les tablas plutôt que la batterie. «If you like me living, baby, you’re gonna love me when I’m dead», chante Lemmy («Si tu m’aimes vivant, tu va m’adorer quand je serai mort»).


On propose à Lemmy de rejoindre le groupe londonien Hawkind à la basse –un instrument dont il ne sait pas jouer– en 1972. Le groupe décroche un tube avec «Silver Machine», dont voici le clip.


Hawkind obtient un grand succès avec Lemmy, mais le comportement de celui-ci devient de plus en plus erratique. Il est arrêté à la frontière canadienne avec ce que la police montée prend pour de la cocaïne. En fait, il s’agit de speed; même si Lemmy est libéré de prison, Hawkind le vire car, selon lui, «il prend les mauvaises drogues». La dernière chanson qu’il écrit pour le groupe s’appelle «Motorhead».


Motörhead se forme en 1975. La chanson la plus célèbre du groupe est «Ace of Spades», sur laquelle il y a très peu à dire si ce n’est en souligner la perfection: ses paroles, son tempo, son riff de guitare comme le bruit d’un bombardier en piqué. La voix de Lemmy est devenue plus immédiate avec son côté légèrement étranglé. Cette version en concert de 1984 est inégalée.


Vous pouvez aussi prendre un moment pour vous ébahir devant ces images du Royal Philharmonic Orchestra accueillant Lemmy pour interpréter «Eve Of Destruction».


Une dernière pour la fin? Un merveilleux moment de rock’n’roll, où on voit Lemmy accompagner les Ramones à la fin des années 1990 alors qu’ils interprètent la chanson qu’il a écrit en leur honneur, «R.A.M.O.N.E.S.». Le morceau dure 1’17’’ et le roadie ne s’embête même pas à brancher la basse de Lemmy avant vingt secondes. «C’était comme de voir John Lennon écrire une chanson pour vous», a un jour déclaré Joey Ramone.


Métalleux, musiciens, fans des mabouls américains, il ne vous reste plus qu’à jouer ces vidéos au plus fort volume possible. Adieu à un des plus grands.

Tom Maxwell
Tom Maxwell (1 article)
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