Economie

Le dangereux problème de l'accès au code des voitures autonomes

Repéré par Robin Korda, mis à jour le 28.12.2015 à 11 h 51

Repéré sur The Guardian

Entre la sécurité routière, la surveillance et le risque de piratage par des particuliers ou des entités occultes, les questions que pose l'accès au code des voitures autonomes ne sont pas encore résolues.

Le prototype finalisé de Google (via Google+).

Le prototype finalisé de Google (via Google+).

Imaginez une voiture autonome lancée sur une route nationale. À l'intérieur, un seul utilisateur. Soudainement, des silhouettes apparaissent dans les phares. Cinq personnes sont en train de traverser la voie. Il n'y a qu'une façon de les éviter, foncer sur la bande d'arrêt d'urgence, où la voiture des individus est stationnée. À 90 km/h, le choc serait fatal. Entre la mort de cinq personnes et celle de son utilisateur, que choisira la voiture?

Un article du Guardian part d'une hypothèse selon laquelle les voitures autonomes seraient programmées pour risquer la mort de leur passager dans certaines circonstances. Il faudrait alors s'assurer que les utilisateurs ne puissent jamais pirater leur véhicule pour se préserver de ce danger. La première solution serait de prendre exemple sur le modèle de l'iPhone. Créer une voiture qui n'accepte que des programmes agréés. Interdire à ses utilisateurs d'outrepasser le blocage de ces programmes. Interdire la diffusion d'informations sur la manière d'y parvenir. 

Le danger des zones d'ombre

Problème: si l'on se fie à l'iPhone, la méthode ne marche pas. Certes, les lois empêchent les entreprises de fournir des solutions de déverrouillage aux utilisateurs. Mais il reste facile de «jailbreaker» (déverrouiller) son smartphone Apple: les tutoriels sur internet ne manquent pas. 

Empêcher toute intervention sur les codes d'une voiture connectée serait de toute façon dangereux. Un verrouillage crée une zone de programme à laquelle même le propriétaire ne peut accéder. Les fichiers sensibles sont invisibles. Or, on ne peut pas être certain que ceux-ci seront sûrs. Quand Sony a créé un verrouillage digital empêchant le piratage de CD, il a créé une zone d'ombre dans les ordinateurs des utilisateurs. Dès qu'elle a été découverte, cette zone d'ombre a été exploitée par des hackers, à l'abri des anti-virus.

Enfin, les entreprises sont soumises à la surveillance des gouvernements. Si les États peuvent avoir accès aux codes des voitures autonomes, des pirates pourraient également les contrôler. Voire même des polices secrètes, ou encore des organisations terroristes comparables à l'État islamique.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte