Monde

Un grand pas pour l'Europe, une petite manœuvre médiocre pour l'Irlande...

Hugues Serraf, mis à jour le 05.10.2009 à 13 h 00

S'ils s'arrachent probablement les cheveux en commentant le résultat du référendum irlandais, nos nonistes peuvent au moins se féliciter d'une chose: la verte Erin restera, avec la Pologne, l'un des derniers bastions anti-avortement en Europe!

Car enfin, ni Attac, ni le PC, ni le NPA, ni aucune des organisations progressistes ayant brûlé des cierges en priant (ok, je rigole) pour un second «Nil» irlandais ne pouvait être réellement hostile à une harmonisation fiscale paneuropéenne - l'autre grande peur celte. On en déduira donc que la crainte d'une banalisation de l'IVG était l'élément de consensus dans toute cette affaire, puisqu'il ne serait pas charitable de prétendre que nos nonistes soutenaient les leurs par vulgaire stratégie politicarde.

Pour les oui-ouistes européistes dont je m'enorgueillis de faire partie, les Irlandais n'ont de toute manière voté, cette fois-ci comme la dernière, qu'au nom d'intérêts court-termistes et terre-à-terre n'ayant pas grand chose à voir avec leur appétit pour la chose européenne. Au moment du Non, l'Irlande était un pays de forte croissance et de plein emploi, en passe de devenir contributeur net au budget communautaire. Au moment du Oui, l'Irlande est un pays de récession et de chômage de masse et l'idée de ne pas couper tous les ponts avec ce fameux budget communautaire est redevenue séduisante.

Cet opportunisme un peu minable ne m'empêchera pas de rester fan de ce pays magnifique, dont la culture et l'histoire sont une richesse pour le reste du continent (eh quoi, c'est un Français qui parle et, l'opportunisme un peu minable, au moins dans le contexte européen, ne nous est pas totalement étranger). Et ça ne m'empêchera même pas de me réjouir, en fait, de la levée de cet obstacle à l'avènement du fameux «super-state» qui fait rêver les fédéralistes et cauchemarder les nationalistes.

Et d'ailleurs, vu l'état de des finances tchèques, polonaises, finlandaises et britanniques, contrées des dernières étapes du traité, le rêve ne devrait pas s'arrêter là...

Hugues Serraf

Image de une: Reuters.

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