Monde

Naji Jerf, le journaliste opposé à Daech assassiné en Turquie, devait arriver en France cette semaine

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 28.12.2015 à 10 h 36

Repéré sur The Telegraph, L'Orient le jour

Le journaliste et réalisateur a été tué dimanche en pleine rue et en plein jour.

Sang | Carole et Johanne Brunet via Flickr CC License by

Sang | Carole et Johanne Brunet via Flickr CC License by

Le groupe État islamique semble avoir frappé à nouveau hors de ses frontières. Le journaliste et réalisateur Naji Jerf a été assassiné dimanche 27 décembre à Gaziantep, grande ville du sud-est de la Turquie, rapporte le site du journal britannique The Telegraph. Il se trouvait dimanche dans la rue devant un restaurant lorsqu’une voiture s’est portée à sa hauteur. Ses occupants ont alors tiré deux fois dans la tête du reporter. Celui-ci est mort peu après. 

Si le lien avec l’EI a été fait aussi vite c’est que son opposition au mouvement djihadiste (ainsi qu’au régime d’Assad par ailleurs) est bien connue. Naji Jerf était d’ailleurs en train de réaliser un documentaire sur les atrocités commises par l’armée salafiste au Moyen-orient. 

Il agissait parallèlement en tant que formateur auprès du groupe de journalistes activistes Raqqa Is Being Slaughtered Silently (RBSS), dont l’équipe fait régulièrement la lumière sur le quotidien des civils habitant la ville syrienne de Raqqa, occupée par l’EI qui l’a instituée comme une de ses bases arrières et sa capitale officieuse. À la fin du mois d’octobre, deux membres de RBSS avaient déjà été assassinés par Daech en Turquie, du côté de Sanliurfa (sud-est également). Fares Hammadi et Ibrahim Abdel Kader avaient été décapités.

Les autorités turques sollicitées

Le site L’Orient Le Jour s’est aussi fait l’écho de la mort de Naji Jerf, père de deux enfants, à Gaziantep. Il précise d’ailleurs que Naji Jerf et sa famille devaient très bientôt quitter ces parages peu sûrs. Ainsi, le foyer venait de recevoir son visa pour séjourner en France où les Jerf était censés arriver dans le courant de cette semaine. C’est en tout cas ce qu’a affirmé un ami de la famille à l’AFP. 

Le Comité pour la protection des journalistes s’est exprimé très vite après ce crime: «Nous demandons aux autorités turques de traduire rapidement les assassins devant la justice en toute transparence, et de prendre des mesures pour protéger tous les journalistes se trouvant sur le sol turc.»

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