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L'ayahuasca et le LSD, de nouvelles pistes pour soigner l'alcoolisme

Repéré par Aude Lorriaux, mis à jour le 26.12.2015 à 10 h 44

Repéré sur Motherboard, TEDx

Préparation d'ayahuasca / Terpsichore via FlickrCC License by

Préparation d'ayahuasca / Terpsichore via FlickrCC License by

Hallucinations, impression de dissociation du corps et de l’esprit, reflux de souvenirs oubliés: les effets de l'ayahuasca, cette plante amazonienne utilisée depuis des lustres par des shamans pour la guérison, sont puissants. Chaque année, ils attirent des touristes de passage, dont certains, mal encadrés ou sensibles aux drogues, y laissent au passage la vie. Mais pour d’autres, les effets sont positifs. Des témoignages et de nouvelles études indiquent que la plante pourrait «guérir» l’alcoolisme et la dépression, comme le raconte Motherboard.

Le magazine cite le cas de Jorge, 60 ans, passé de l’alcoolisme sévère à l’abstinence totale après un rituel religieux comprenant l'absorption d’ayahuasca. Idem pour Robert Rhatigan, qui raconte son expérience dans un événement TEDx. Il a «vu» son esprit se scinder en multiples morceaux, comme des morceaux de puzzle, flottant dans l’espace.  Au bout de deux heures ponctuées par des chants, les pièces se sont à nouveau assemblées, sauf une: celle correspondant à l’alcool. Depuis, Robert Rhatigan se dit délivré. Ces effets positifs ont été également observés sur des rats rendus dépendants à l’alcool dans une étude publiée par la revue  journal Physiology and Behaviour.

 

Effets persistants

L'ayahuasca pourrait aussi être utile pour combattre la dépression, si l’on en croit une petite étude conduite par des chercheurs brésiliens et publiée dans la très sérieuse revue Nature. Quatre femmes et deux hommes en proie à la maladie ont été observés alors qu’ils étaient sous l’effet de la drogue, et leurs symptômes contrôlés huit fois par l'intermédiaire de trois questionnaires posés, pour le premier, à quarante minutes de la première prise de drogue, et pour le dernier, trois semaines plus tard. 24 heures après la prise de la plante, leur dépression était en moyenne réduite de 62%. Une semaine plus tard, l’effet positif persistait, avec une régression de 72% des symptômes. Selon un dernier questionnaire, la maladie avait disparu à 82%.

Il ne s’agit que d’une étude pilote, menée sur un tout petit nombre de patients et sans groupe de contrôle pour mesurer les effets d’un placebo. Mais ces premiers signes sont encourageants, estiment les chercheurs. Elle s’inscrit à la suite d’études sur d’autres psychotropes, comme le LSD, lui aussi efficace contre l’alcoolisme, selon des travaux publiés dans le Canadian Medical Association Journal, et repérés par Metronews. Pour l’instant, la prise de ces substances est trop dangereuse, mais à terme, des médicaments pourraient être confectionnés, aujourd’hui peu nombreux pour lutter contre l’alcoolisme.

 

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