Monde / Société

Voici les villes que les États-Unis voulaient frapper en cas de guerre avec l'Est dans les années 1950

Temps de lecture : 2 min

Le bombardement atomique de Nagasaki, le 9 août 1945 (Charles Levy).
Le bombardement atomique de Nagasaki, le 9 août 1945 (Charles Levy).

On sait désormais quelles étaient les cibles prioritaires de frappes nucléaires des Etats-Unis en cas de conflit avec le bloc de l'Est à la fin des années 1950. Le National Security Archive de la George Washington University a en effet obtenu des archives américaines une liste de cibles de plusieurs centaines de pages, établie en 1956 et qui révèle des détails «glaçants»:

«Les cibles prioritaires retenues et les bombardements nucléaires tactiques auraient exposé les civils à proximité [...] à de hauts niveaux de retombées atomiques. De plus, les auteurs avaient développé un plan de "destruction systématique" de cibles industrielles urbaines au sein du bloc de l'Est qui ciblait spécifiquement et explicitement la "population" de toutes les villes, y compris Pékin, Moscou, Léningrad [aujourd'hui Saint-Pétersbourg, ndlr], Berlin-Est et Varsovie. Cibler délibérément des populations civiles en tant que telles entrait directement en conflit avec le droit international de l'époque, qui interdisait des attaques ciblées sur la population (par contraste avec celles sur des installations militaires avec des civils à proximité).»

Parmi les 1.100 cibles listées, les deux sites militaires prioritaires étaient les bases aériennes russes de Bykhaw et Orcha, en Biélorussie. Parmi les cibles civiles, les deux villes prioritaires étaient Moscou et Léningrad, avec 179 sites ciblés dans la première ville et 145 dans la seconde, baptisés designated Ground Zeros (DGZ).

Ce document a été établi à l'apogée de la Guerre Froide, 1956 étant à la fois l'année de l'écrasement de la révolte hongroise par l'URSS et de la crise de Suez. Selon le New York Times, il «a été produit à une époque où les missiles intercontinentaux ou lancés par sous-marins n'existaient pas, quand les bombardiers étaient en gros le seul moyen de procéder à des frappes nucléaires». A cette période, l'arsenal nucléaire américain était environ dix fois plus grand que celui de son rival russe, avec une taille estimée à environ 20.000 mégatonnes, avant que le président républicain Dwight D. Eisenhower, inquiet de la course aux armements, ne procède à sa réduction.

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