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Une fatwa de Daech autorise le prélèvement d'organes sur les prisonniers

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 25.12.2015 à 16 h 00

Repéré sur Reuters

Dans la ville syrienne de Ain al-Arab. ARIS MESSINIS / AFP.

Dans la ville syrienne de Ain al-Arab. ARIS MESSINIS / AFP.

Selon un document révélé par l'agence Reuters, vendredi 25 décembre, Daech approuve officiellement le principe du prélèvement d'organes sur les prisonniers «apostats». «Dans une décision, jusqu'ici inédite, rendue par les théoriciens de l'organisation islamique, l'EI a approuvé le prélèvement d'organes humains, suscitant des craintes que le groupe terroriste puisse se livrer à du trafic d'organes», écrit l'agence.

Déniché par le gouvernement américain lors d'un raid dans l'est de la Syrie en mai et traduit par lui, ce document, présenté sous le titre de «Fatwas 61-62 et 64-68», dont Reuters n'a pu confirmer l'authenticité de manière indépendante, explique qu'il est autorisé «de transplanter des organes d'un apostat à un musulman afin de sauver la vie de ce dernier», même si l'opération se révèle mortelle pour le premier.

Reuters explique que «ce document ne fournit aucune preuve du fait que l'Etat islamique soit actuellement engagé dans du prélèvement ou du trafic d'organes, mais apporte un feu vert religieux à de telles pratiques au regard de l'interprétation très stricte de l'islam par l'organisation, rejetée par la majorité des musulmans».

En février 2015, l'ambassadeur d'Irak près des Nations unies, Mohamed Alhakim, avait enjoint le Conseil de sécurité de l'Onu d'enquêter sur la mort de douze médecins à Mossoul, affirmant que ces derniers avaient été tués après avoir refusé de procéder à des prélèvements d'organes. «Nous trouvons des corps mutilés, ce qui signifie qu'il en manque certaines parties», avait-il affirmé à la presse, CNN expliquant à l'époque que les mutilations en question pouvaient laisser croire à des prélèvements de reins.

Des affirmations qu'avait alors démenties un combattant de l'Etat islamique cité par un journaliste du quotidien koweïtien Al Rai: «Les combattants n'ont pas le temps de s'arrêter sur le champ de bataille pour ramasser les corps de leurs propres soldats. Comment pourrions-nous ramasser les corps de ceux que nous tuons et les transporter pour vendre leurs organes?» Notons néanmoins qu'il parlait à l'époque des soldats tués par l'EI, pas des prisonniers exécutés par l'organisation terroriste.

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