Histoire / Monde

Comment les Néerlandais ont espionné les Russes durant la Guerre froide

Temps de lecture : 2 min

La levée d’un secret de famille apporte un nouvel éclairage sur le rôle des Pays-Bas dans la guerre d’espionnage entre l’URSS et les États-Unis.

Ambassade de la Russie à La Haye | Valery Klepkin via Wikimedia Commons License by
Ambassade de la Russie à La Haye | Valery Klepkin via Wikimedia Commons License by

D’après Cees Wiebes, auteur de nombreux livres sur les agences d’espionnage et les opérations d’écoutes, les Pays-Bas et ses services secrets ont pendant longtemps été considérés comme les «toutous» des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Une enquête du 23 décembre du pure-player De Correspondent (qui cite Cees Wiebes) a révélé que les services secrets néerlandais ont en effet aidé les Américains à espionner les Russes dans une ambassade à La Haye pendant la Guerre froide.

C’est, au départ, l’histoire des deux petits-enfants de Nico Schimmel, un ancien employé de la station radar de recherches néerlandaise (qui avait pour fonction de mener des recherches dans le domaine de la télédétection par radar dans une optique de défense aérienne). Intrigué par des notes envoyées par un ancien collègue de leur grand-père, ils contactent un journaliste, Maurits Martijn, spécialiste des questions de surveillance et d’écoutes. Les notes parlent d’une association entre la station radar, le BVD (l’ancêtre des actuels services secrets des Pays-Bas) et la CIA. Nom de code: opération Easy Chair («fauteuil» en français).

«La Chose»

L’histoire débute en 1952, quand la CIA découvre au sein de son ambassade un dispositif d’écoute soviétique révolutionnaire, que ces agents baptisent «la Chose». L’enquête du Correspondent qualifie d’ailleurs ce système d’écoute de «matériel extraordinaire» dont les dispositifs d’aujourd’hui sont directement les héritiers. La découverte de «la Chose» provoque le désespoir «de la Maison Blanche au quartier général de la CIA». Il montre que les Soviétiques sont bien en avance en ce qui concerne les technologies d’écoutes, comparant cet événement au lancement du satellite Spoutnik, qui avait pris les États-Unis complètement par surprise.

Les Américains décident donc de contre-attaquer et sollicitent l’aide de leurs hôtes néerlandais. Pendant six ans, les membres du BVD et de la station radar de recherches travaillent à l’élaboration d’une stratégie pour les premiers et d’un micro sans fil et indétectable pour les seconds.

En novembre 1958, le BVD apprend que l’ambassade des Soviétiques à La Haye attend du matériel de bureau et des articles ménagers. Les fournitures furent procurées en décembre. Le fameux micro caché dans le pied d’un bureau en noyer. L’enquête (très longue) du journaliste du Correspondent lui apprit par la suite que l’ambassade chinoise fut également infiltrée par le BVD. Et les membres de la famille de Nico Schimmel purent en apprendre un peu plus sur leur grand-père.

Slate.fr

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