Science & santé

Cloner son animal de compagnie après sa mort est possible (mais ce n’est pas une bonne idée)

Repéré par Lorenzo Calligarot, mis à jour le 24.12.2015 à 12 h 11

Repéré sur The Guardian

Des Britanniques vont obtenir juste après Noël deux nouvelles versions clonées de leur chien décédé.

Dylan, chien britannique décédé en juin et cloné par ses propriétaires | Capture d'écran du reportage vidéo du Guardian consacré au clonage de cet animal de compagnie

Dylan, chien britannique décédé en juin et cloné par ses propriétaires | Capture d'écran du reportage vidéo du Guardian consacré au clonage de cet animal de compagnie

Pour certains, la perte d’un animal de compagnie peut se transformer en cauchemar. C’est ce qui est arrivé à Laura Jacques et Richard Remde lorsqu’ils ont perdu Dylan, leur boxer, en juin, rapporte le Guardian. Laura a eu beaucoup de mal à s’en remettre: «J’avais Dylan depuis qu’il était un chiot. Je l’ai tellement materné, c’était mon bébé, mon enfant, mon univers». Ce couple de Britanniques a alors décidé d’envoyer des échantillons d’ADN de leur chien en Corée du Sud à une société de biotechnologie appelée Sooam Biotech, la seule au monde qui clone des chiens morts à partir de leur ADN.

 

Pour la modique somme de 90.000 euros, ils vont donc recevoir deux petits chiots conçus à partir de l’ADN de Dylan. «Ils ont dit que le premier chiot était attendu pour le Boxing Day [lendemain de Noël] et le second un jour plus tard» explique Laura au Guardian. L’entreprise Sooam a déjà créé plus de 700 chiens clonés pour des particuliers. Cependant, la pratique et la personnalité du directeur de la société Woo Suk Hwang divisent encore beaucoup de scientifiques et de spécialistes de la question du clonage.

L’homme, qui avait écopé de deux ans de prison dans son pays pour avoir affirmé avoir cloné un embryon humain alors que tout était faux (et aussi pour détournement de fonds), se retrouve encore aujourd’hui au cœur de la controverse.

Deuil exploité

Beaucoup souhaitent en effet l’interdiction pure et simple du clonage pour animaux. C’est le cas d’Helen Wallace, la directrice de Genewatch, un organisme à but non lucratif spécialisé dans le bien-être animal et la génétique, interviewée par le Guardian:

«Une de nos préoccupations est que les entreprises de clonage commerciales peuvent exploiter le deuil  des propriétaires d’animaux. Nous pensons que le clonage d’animaux domestiques devrait être interdit.»

Toutefois, si des propriétaires de chien espèrent faire revivre à l’identique leur animal préféré, ils risquent d’être déçus, comme l’expliquait le Huffington Post en 2014 dans un article consacré à une autre Britannique, Rebecca, qui a vait fait cloner son dachshund, Winnie:

«La grande question: Winnie et mini Winnie auront-elles la même personnalité? Ce n’est pas ce que pense Sir Ian Wimut, l’homme qui avait cloné le mouton Dolly, en 1996. “Les propriétaires seront déçus. La personnalité d’un chien est en grande partie le produit de la manière dont il est traité. Si vous dépensez 60.000 livres pour avoir un chien cloné, vous allez le traiter différemment. Donc je suis assez sceptique.”»

Souffrance animale

Outre la souffrance des propriétaires endeuillés, il est aussi question de celle des animaux clonés. Jo Hee-kyung, présidente de l’Association pour la liberté des animaux à Séoul, dénonçait elle aussi dès 2014 les dérives qu’entraînent le clonage et les méthodes du directeur de Sooam Biotech:

« Il affirme que ses expériences sur des animaux sont de la science mais, tout ce qu’il fait, c’est jouer avec des êtres vivants. Au cours des recherches de la fondation Sooam, de nombreux animaux sont sacrifiés et meurent. »

Un article paru en 2014 sur le site 30 Millions d’amis après la diffusion d’un reportage de TF1 sur le clonage des animaux regrettait le manque de transparence de la firme et les conditions dans lesquelles sont effectués les clonages:

«Au-delà de la prouesse scientifique se posent de nombreuses questions éthiques: il faut une quinzaine d’embryons pour donner naissance à un seul chien. Et, même si le clonage des chiens provoque moins de malformations que celui d’autres animaux, une partie importante des chiots mourait dans les semaines qui suivent la naissance...»

Pour l’heure, la Corée du Sud ne compte pas interdire le clonage d’animaux.

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