Double XEconomie

L’égalité homme-femme ne passe pas la porte des magasins

Repéré par Lorenzo Calligarot, mis à jour le 23.12.2015 à 12 h 26

Repéré sur Washington Post

Les mêmes produits sont généralement plus chers lorsqu’ils sont étiquetés pour les femmes.

Une femme fait ses courses à Charenton-Le-Pont, près de Paris, le 29 août 2013 | REUTEURS/Charles Platiau

Une femme fait ses courses à Charenton-Le-Pont, près de Paris, le 29 août 2013 | REUTEURS/Charles Platiau

Imaginez deux trottinettes dans un magasin. L’une est rouge et coûte 22 euros, l’autre est rose et affiche un prix de 45 euros. Elles sont pourtant quasiment identiques: la seule différence, c’est que la première est destinée aux petits garçons et l’autre aux petites filles. Cet abus existe pour de nombreux produits déclinés pour homme et femme, rapporte le Washington Post.

Près de 800 produits ont ainsi été comparés par le Department of Consumer Affairs de New York. Leurs résultats sont sans appel. Pour des articles similaires, les femmes payent généralement 7% plus cher pour des jouets ou accessoires destinés aux petites filles, 8% de plus pour des vêtements pour adultes et 4% de plus pour des vêtements destinés aux enfants. Une double injustice lorsqu’on sait que les femmes, aux États-Unis et dans le reste du monde, gagnent généralement moins que leurs homologues masculins.

Taxe rose

En France, la situation est la même. Le collectif Georgette Sand tirait même la sonnette d’alarme en 2014 pour dénoncer un phénomène de «taxe rose». Une pétition lancée par le collectif contre le magasin Monoprix avait même récolté près de 50.000 signatures et dénonçait entre autres le fait que «l’enseigne profite que les produits d’hygiène pour femmes et ceux pour hommes soient dans des rayons différents pour appliquer des tarifs différenciés sur des produits pourtant similaires voire identiques». Le collectif demandait ainsi «à Monoprix d’égaliser ses tarifs pour ses propres produits et pour les autres marques distribuées et de préciser sur les étiquettes le prix de la déclinaison masculine ou féminine du produit lorsque les rayons femmes/hommes sont différenciés»

Parmi les exemples cités par les opposants à la «taxe rose» revient souvent celui des rasoirs. Un paquet de dix rasoirs masculins était vendu en 2014 8 centimes moins cher qu’un paquet de cinq féminin dans l’enseigne Monoprix.

Genre neutre

Mauvaise nouvelle: donnant suite à la pétition, le ministère de l’Économie avait diligenté une étude pilotée par la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), afin de savoir si cette «taxe rose» existait bel et bien. Mais, selon le rapport remis le 18 décembre au Parlement, il n’y a «pas de phénomène global et avéré» de taxation de produits pour les femmes et les articles peuvent être «alternativement défavorables aux hommes ou aux femmes».

Reste que le phénomène persiste, notamment à cause de la vision des produits dits pour femme dans nos sociétés, explique au Washington Post Ravi Dhar, directeur du Center for Customer Insights à la Yale School of Management«les produits de beaucoup d'hommes ne sont pas considérés comme des produits pour hommes» mais comme des produits neutres. Ainsi, lorsqu’un article est fabriqué en rose ou marketé pour les femmes, il est vu comme «spécial», ce qui justifie insidieusement son surcoût dans les mentalités.

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