Science & santé

En 2016, les bactéries seront toujours plus fortes que les antibiotiques

Repéré par Robin Korda, mis à jour le 23.12.2015 à 11 h 41

Repéré sur Quartz

On observe de plus en plus de bactéries mutantes et de moins en moins de moyens de les stopper.

Les bactéries résistent aux antibiotiques et créent parfois de nouvelles souches mutantes | NIAID via Flickr CC License by

Les bactéries résistent aux antibiotiques et créent parfois de nouvelles souches mutantes | NIAID via Flickr CC License by

Dans les années 2050, les bactéries pourraient tuer 10 millions de personnes par an. C’est l’estimation donnée par Quartz dans un article consacré à la course effrénée aux antiobiotiques. Les bactéries mutent. Si vous êtes atteint d’une angine bactérienne et que vous prenez les antibiotiques que votre docteur vous a prescrits, vous avez de bonnes chances de vous sentir mieux. Parce que le médicament vous aura débarrassé d’une partie des micro-organismes qui vous pourrissaient la vie.

Mais il est probable que certains d’entre eux soient encore présents dans votre corps. Notamment si vous arrêtez la prise des antibiotiques une fois que vous vous sentez mieux, et non pas à la date prescrite sur votre ordonnance (22% des patients ne suivent pas leur traitement antibiotique à la lettre, révélait en 2005 l’étude internationale COMPLy). Ces bactéries ont été confrontées à l’antibiotique sans être éradiquées. Elles vont pouvoir préparer leur défense pour la prochaine rencontre et vont donc créer tout un tas de nouvelles infections mutantes, désormais résistantes au traitement.

Résistance bactérienne

Plus ennuyeux encore: face à un nouvel antibiotique, même si vous prenez bien votre traitement jusqu’au bout, il suffit parfois d’un laps de temps très court pour que le corps développe un début de résistance à son encontre. Trois ans pour les phénicols. Un an seulement pour les streptogramines. À partir de ce moment-là, les antibiotiques deviennent moins efficaces.

La résistance et l’évolution des bactéries font ainsi 158.000 malades et 12.500 morts en France chaque année, selon le ministère de la Santé. En 2011, l’État a mis en place un programme de cinq ans dédié à la lutte contre ce phénomène, le Plan national d’alerte contre les antibiotiques. Il prévoyait notamment une baisse des prescriptions de ces traitements. Mais d’autres sources de résistances existent. Notamment la médication du bétail et l’utilisation systématisée des gels antibactériens pour les mains.

Face à ces résistances bactériennes, on pourrait s’attendre à une course scientifique, avec de nouveaux antibiotiques développés chaque année. Au contraire. On observe une baisse radicale du nombre d’antibiotiques introduits sur le marché. Surtout en ce qui concerne les antibiotiques dits «uniques», c’est-à-dire provenant d’une «famille» (pénicilline, streptomycine, etc.) auparavant inconnue. Il en était découvert à intervalles réguliers entre les années 1940 et 1970. Depuis 1975, seuls trois ont été susceptibles d’atteindre nos pharmacies. Le dernier d’entre eux, la bédaquiline, date de 2009.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte