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En Allemagne, la «bande à la audi» multiplie les attaques contres les distributeurs de billets

Temps de lecture : 2 min

Les gangs et leurs actes criminels de plus en plus nombreux donnent du fil à retordre aux autorités.

À Berlin, en 2013  I  JOHN MACDOUGALL / AFP
À Berlin, en 2013 I JOHN MACDOUGALL / AFP

Plutôt que de braquer les banques en se ruant vers le guichet en plein jour avec un pistolet, un bas sur la tête et tous les risques que cela comporte, certains malfaiteurs préfèrent désormais s'attaquer de nuit aux distributeurs de billets. Ils remplissent les machines de gaz pour les faire exploser et ainsi pouvoir dérober leur précieux contenu.

Ces derniers mois, pas une semaine ne passe en Allemagne sans qu'un distributeur de billets de banque n'explose, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel. Début novembre, l'Office fédéral de police criminelle (BKA) faisait état de 63 explosions de ce type répertoriées au cours de l'année 2015. Plusieurs réseaux de malfaiteurs agissent principalement dans la moitié nord de l'Allemagne: en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Basse-Saxe, en Saxe-Anhalt, à Berlin et dans le Brandebourg qui l'entoure.

Alors que les braquages traditionnels sont de plus en plus rares, ces attaques au gaz explosif de distributeurs de billets ne cessent d'augmenter depuis 2005, et se sont particulièrement multipliées ces dernières années, constate Thomas Jungbluth, directeur de la section criminalité organisée à l'Office régional de police criminelle de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, une région particulièrement touchée par ces attaques:

«Cela a à avoir avec le fait que ce délit présente moins de risque du point de vue des coupables: ils opèrent la nuit, à la campagne, et n'ont besoin que de passer quelques minutes dans la banque.»

Pas de système de neutralisation à l'encre

Le fait que l'Allemagne, contrairement à la France, la Belgique ou la Suède, n'oblige pas les banques à équiper leurs distributeurs de billets d'un système antivol permettant de neutraliser les billets en les tâchant d'encre en cas de vol, n'est pas étranger à la banalisation de cette pratique, souligne Der Spiegel. Les banques allemandes rechignent à investir dans ces systèmes de protection onéreux, préférant visiblement prendre le risque de se faire braquer le contenu de quelques machines par an.

Les malfaiteurs étant rarement capables d'évaluer la portée des explosions qu'ils provoquent, remplissant les distributeurs de billets de gaz explosif au petit bonheur la chance, celles-ci ne leur permettent pas toujours de repartir avec l'argent convoité: sur les 63 explosions recensées, les billets n'ont pu être dérobés que dans 34 des cas. Autre conséquence: les explosions engendrent souvent d'importants dégâts matériels dans la zone où se trouvent les distributeurs de billets visés. Interrogé par l'hebdomadaire, le BKA précise:

«Dans certains cas, les dommages liés au vol ainsi que les dommages liés aux bâtiments et aux équipements peuvent largement dépasser 100.000 euros.»

Des gangs organisés

Les malfaiteurs opérant au cœur de la nuit, dans des endroits isolés mais toujours situés à proximité d'une autoroute ou d'une route nationale, la police allemande a le plus grand mal à les coincer. Quand ses unités arrivent sur les lieux après une explosion, les braqueurs sont déjà souvent à plusieurs dizaines de kilomètres. Les enquêteurs interrogés par Der Spiegel supposent que les braqueurs sont à la fois des criminels originaires d'Europe de l'Est du Sud circulant en Allemagne et des criminels résidant dans les régions où ont lieu les braquages.

Un gang de malfaiteurs donne particulièrement du fil à retordre à la police allemande: la «bande à la Audi», comme la presse allemande a eu tôt fait de surnommer un groupe de braqueurs opérant dans la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et prenant à chaque fois la fuite à bord d'une voiture de cette marque, est soupçonnée d'être responsable de la plupart des attaques de distributeurs de billets, comme le rapporte la chaîne de télévision Sat.1, qui a consacré plusieurs sujets à ce gang de braqueurs. Prise en chasse par la police il y a quelques mois, la «bande à la Audi» a réussi à lui échapper de justesse en passant la frontière avec les Pays-Bas après une course-poursuite de plusieurs minutes.

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