Santé

Les antibiotiques vous rendent gros (même quand vous n'en prenez pas)

Temps de lecture : 2 min

Plusieurs scientifiques pointent une corrélation entre l'obésité humaine et l'utilisation des antibiotiques dans les élevages animaliers.

L'an dernier, plus d'un million de tonnes et demie d'antibiotiques ont été donnés à des animaux aux Etats-Unis. | Martin Cathrae via Flickr CC License by

L'hiver est à la fois la saison des toux grasses et des dindes farcies. Mais vous soucier de votre silhouette pourrait couper cette folle envie de vous précipiter sur une boîte d'antibiotiques autant que sur la viande de Noël. Selon un long article de The Atlantic, une partie de l'obésité mondiale pourrait en effet être liée à l'usage de ces médicaments, notamment dans l'industrie alimentaire.

«Nous sommes des animaux, comme les animaux d'élevage. Et nous donnons à ces derniers des antibiotiques pour qu'ils grossissent», note Lee Riley, professeur de l'université de Barclay. Le fait que nous soyons à notre tour exposé à une prise de poids ne serait qu'une «question de bon sens», pour ce spécialiste en maladies infectieuses.

Une opération menée l'an dernier semble lui donner raison. À Rhode Island, des docteurs ont intégré les bactéries intestinales d'une fille au système digestif de sa mère. Il se trouve que la fille était obèse et la mère, mince. Cette dernière a rapidement pris du poids, au point de devenir obèse à son tour.

Pas de changement drastique dans les quantités

En mangeant de la viande d'animaux gras et gavés d'antibiotiques, Lee Riley affirme que nous prenons le même type de risque. «Que s'est-il passé sur les vingt ou trente dernières années, quand on observe la montée de l'obésité?, demande-t-il. Je ne crois pas qu'il y ait eu un changement drastique de la quantité de nourriture que les gens consomment. Je ne crois pas que ce soit la seule explication.»

L'an passé, plus d'un million de tonnes et demie d'antibiotiques ont été donnés à des animaux destinés à finir dans l'assiette d'Américains. C'est 22% de plus qu'il y a cinq ans. La proportion se retrouve en Allemagne ou au Portugal. Elle est encore plus importante en Belgique.

Carottes aux antibios

Et les végétariens ne sont pas en reste. Certains antibiotiques ne sont pas digérés par les animaux. Ils se retrouvent dans le fumier, donc dans les sols. Des antibiotiques ont déjà été décelés dans des carottes, de la salade ou des oignons, et parfois même dans des rivières à des kilomètres de l'endroit auquel ils ont été utilisés.

Prouver l'influence des antibiotiques sur le surpoids des hommes est très difficile. Lee Riley veut néanmoins croire que «si l'opinion prend conscience que l'obésité est liée à l'exposition aux antibiotiques, alors la demande pour de la nourriture sans antibios deviendra de plus en plus grande».

Slate.fr

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