Culture

La mort des livres a été annoncée un peu précipitamment

Repéré par Christophe-Cécil Garnier, mis à jour le 22.12.2015 à 14 h 16

Repéré sur Quartz, Le Télégramme, Wall Street Journal

Les livres papier devaient disparaître avec la profusion des ebooks. Il n’en est rien.

Livres | Alan Levine via Flickr CC License by

Livres | Alan Levine via Flickr CC License by

Invité en 2010 à une conférence de Techonomy Media, Nicolas Negroponte, professeur et chercheur au MIT, avait prononcé la mort du livre physique. «Cela va arriver. Pas dans dix ans. Dans cinq ans», avait-il alors déclaré. Les ventes de livres sur les tablettes Kindle venaient de surpasser celle des livres reliés et palpables.

Pourtant, cinq ans après la conférence, force est de constater que les talents prophétiques de Nicolas Negroponte sont très exagérés. Quartz souligne que les ventes de livres papier ont progressé aux États-Unis en 2015 par rapport à l’année précédente, passant de 559 à 571 millions, selon Nielsen BookScan.

Graphique réalisé par Quartz à partir des données de Nielsen BookScan montrant l’évolution des ventes des livres physiques

Une évolution certes due aux livres de coloriage et aux écrits de stars de YouTube, comme l’explique Quartz, mais qui traduit un intérêt constant des lecteurs pour le papier. Le livre Va et poste une sentinelle (aux éditions Grasset), de l’écrivaine Harper Lee, a ainsi été acheté quatre fois plus que l’ebook, selon l’éditeur américain Jonathan Burnham. En France, Le Télégramme a rappelé que les ventes de livres papier ont progressé de 2,3% cette année et que le livre numérique ne totalise que 6% de l’ensemble du marché.

«Objets sacrés»

Comment le livre papier arrive-t-il à faire mentir les prédications et les analyses? Dans une tribune écrite pour le Wall Street Journal en 2012, l’auteur Joe Queenan s’aventurait à dire que les ebooks étaient pour les personnes qui ne s’intéressaient qu’au contenu ou avait des problèmes de stockage. «Les gens qui ont besoin de posséder une copie physique d’un livre, pas simplement une version électronique, pensent que les objets eux-mêmes sont sacrés», écrivait-il:

«Certaines personnes pourraient trouver cette attitude déconcertante, arguant que les livres sont simplement des objets qui prennent de la place. C’est vrai, mais tout comme Prague, vos enfants, et la chapelle Sixtine. Pensez-y, bande de nazes».

Et sans vouloir parader, Slate avait fait une prédiction en 2010 en indiquant que la mort du livre n’était pas pour demain. Pour l’instant, elle a plus de réussite que celle de Nicolas Negroponte.

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