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D'après un rapport médical de 1923, Hitler n'avait bel et bien qu'un seul testicule

Hitler en 1931 | Recuerdos de Pandora via Flickr CC License by

Hitler en 1931 | Recuerdos de Pandora via Flickr CC License by

Un historien croit avoir trouvé la preuve qui confirme une vieille rumeur.

Soixante-dix ans après sa mort, Hitler continue de faire l'objet d'une fascination morbide à l'envergure planétaire, à voir le nombre incalculable et sans cesse renouvelé de biographies, de documentaires, d'études et d'articles de presse consacrés aux détails les plus insignifiants de son existence –que, avouons-le, nous relayons largement sur Slate– et qui paraissent être autant de tentatives d'expliquer l'inexplicable, de déceler une part humanité sous sa monstruosité.

Depuis des décennies, une rumeur selon laquelle le dictateur nazi aurait été monorchide, c'est-à-dire qu'il n'aurait eu qu'un seul testicule, ayant perdu l'autre sur le champ de bataille durant la Première Guerre mondiale, refait régulièrement surface. Mais aucune preuve sérieuse n'avait permis jusqu'à présent d'accréditer cette thèse, que de nombreux spécialistes considèrent comme fantaisiste.

Un examen médical de 1923

Un historien allemand pense désormais détenir la preuve irréfutable que le dictateur nazi n'avait bel et bien qu'un seul testicule, révèle le tabloïd allemand Bildzeitung, suivi par l'ensemble de la presse allemande. Directeur des archives de la ville bavaroise de Nuremberg et auteur d'un ouvrage consacré au séjour en prison d'Hitler après sa tentative de coup d'État à Munich en 1923, Peter Fleischmann a récemment découvert une attestation médicale datée du 12 novembre 1923, soit trois jours après son putsch raté. Incarcéré à la prison de Landsberg –celle où il écrira son brûlot Mein Kampf, et celle où le président du Bayern Munich, Uli Hoeness, purge actuellement sa peine de trois ans et demi pour fraude fiscale–, il a été soumis à un examen médical au lendemain de son arrivée.

Le médecin de la prison, le docteur Josef Brinsteiner, décrit le futur dictateur nazi en ces termes:

«Adolf Hitler, artiste, dernièrement écrivain.»

Après avoir précisé son poids – 78 kilos – et noté qu'il est en «bonne santé», le médecin fait état d'une «cryptorchidie du côté droit». Cette anomalie anatomique correspond à l'absence d'un ou des deux testicules dans le scrotum, ce ou ces derniers n'étant pas descendu(s) au cours de la croissance.

Ce document historique prouve donc que le dictateur nazi était monorchide, mais que l'absence d'un deuxième testicule n'était pas la conséquence d'une blessure de guerre mais d'une anomalie anatomique.

Cette rumeur concernant les parties génitales d'Hitler est d'ailleurs apparue de son vivant, rappelle le quotidien Die Welt. Durant la Seconde Guerre mondiale, les soldats britanniques avaient changé les paroles de la célèbre «Colonel Bogey March» contre un texte se moquant d'Hitler dont le refrain était:

«Hitler has only got one ball»

Gare aux abus freudien

Si cette anomalie n'a aucun lien médical avec la supposée impuissance –là encore, un détail qui passionne les foules– d'Hitler, rappelle Die Welt, elle pourrait expliquer son rapport difficile à la sexualité:

«Il n'est pas certain qu'il avait des relations sexuelles. La honte vis-à-vis de cette anomalie visible pourrait avoir eu cette conséquence.»

En 2008, un spécialiste américain de la vie du dictateur nazi, Ron Rosenbaum, rejetait catégoriquement cette thèse selon laquelle Hitler n'avait qu'un testicule dans un article publié sur Slate.com et traduit en français par le site d'information Rue89. Il mettait notamment en garde contre ce type d'explications psychologisantes:

«Tout ce que cette obsession nous apprend, c’est la façon dont notre culture refuse de faire face à la profondeur et à la complexité du mal –et à quelques exceptions honorables près– préfère échapper aux questions sur qui porte la responsabilité d’Hitler et de l’Holocauste en en faisant porter la faute à des mythologies sexuelles de pacotille et à la notion freudienne que tous les comportements ont une explication sexuelle. D’une certaine manière, l’attention portée à la supposée anormalité sexuelle d’Hitler devient le testicule qui manque à l’Allemagne: la déculpabilisation monorchide à des meurtres de masse. Ne l’encourageons pas.»

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