Allemagne

La belle histoire de Noël qui émeut les Allemands

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 19.12.2015 à 11 h 39

Repéré sur InFranken, Die Welt, Der Spiegel, Focus, Süddeustche Zeitung

C'est un conte moderne qui a fait le tour de la presse locale.

À Berlin, le 13 décembre 2015 I  REUTERS/Fabrizio Bensch

À Berlin, le 13 décembre 2015 I REUTERS/Fabrizio Bensch

Ils étaient épuisés, affamés, après une longue balade en kayak au fil du Main. Arrivés à hauteur du petit village bavarois de Zapfendorf, deux retraités allemands se sont mis en quête d'une auberge pour y reprendre des forces. Le couple originaire de Karlsruhe, qui était en vacances dans la région, a d'abord été surpris de voir que l'entrée de la vieille auberge vers laquelle il se dirigeait était murée, rapporte le portail InFranken, qui regroupe plusieurs médias locaux. «Mais il y avait un homme à la fenêtre qui nous a fait signe que l'entrée était située à l'arrière. Nous sommes donc passés par la cour», explique Gabriele Stärz, 72 ans.

À l'intérieur de l'auberge, le couple est accueilli par celui qu'il croit être le propriétaire de l'établissement. En réalité, il s'agit d'un jeune avocat syrien, Kawa Suliman, qui s'est réfugié en Allemagne en 2014. Il est l'un des rares réfugiés qui vivent dans cette ancienne auberge traditionnelle transformée il y a quelques mois en centre d'hébergement pour demandeurs d'asile qui sache parler allemand. Voyant que les deux retraités semblent assez mal en point, il leur propose de s'asseoir quand ils lui demandent ce qu'il sert à manger:

« Kawa Suliman a expliqué à ses amis que les hôtes avaient besoin de manger. Mohammed Ali est allé chercher la confiture de pommes qu'il avait cuite il y a deux jours, les autres avaient des œufs, des tomates, du fromage et du yaourt. Kawa Suliman en a garni une planche et l'a servie avec du pain arabe.»

Émus par la générosité

Bien qu'ils se soient étonnés de ce qu'il n'y ait ni carte, ni plats chauds, et que les tables et les chaises soient dépareillés, Gabriele Stärz et son compagnon ont cru jusqu'au bout qu'ils se trouvaient dans un restaurant :

«Je pensais qu'ils venaient juste d'ouvrir. Dans ce cas, il faut se montrer compréhensif vis-à-vis du fait que tout ne soit pas tiré à quatre épingles. […] Le jeune homme qui nous a demandé ce que nous voulions était si sympathique; on ne peut que donner un coup de pouce à des restaurateurs si sympathiques!»

Ce n'est qu'au moment où ils ont demandé l'addition, quand Kawa Suliman leur a dit qu'ils n'avaient rien à payer étant donné qu'ils se trouvaient dans un foyer d'accueil pour réfugiés, qu'ils ont pris conscience de leur méprise. Émue par la générosité des demandeurs d'asile qui avaient concocté ce repas spontanément, Gabriele Stärz a fondu en larmes.

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Cette histoire émouvante, digne d'un conte de Noël, a fait le tour des médias allemands, du quotidien Die Welt à l'hebdomadaire Der Spiegel. Interviewé par le quotidien bavarois Süddeustche Zeitung, Kawa Suliman se remémore également cette situation cocasse:

«Ils étaient aussi très étonnés. Et n'arrêtaient pas de vouloir payer. Ils sont nos invités, avons-nous répondu, et nos invités ne payent rien ici. C'est impossible, en aucun cas! Mais pourquoi? Ils n'ont tout simplement pas compris. […] Nous avons dit: pas de problème, nous sommes très heureux que vous ayez été nos invités. Et ensuite, nous nous sommes bien amusés. Nous avons échangé nos adresses. Le couple nous a déjà écrit et nous a envoyé un cadeau.»

«Donner quelque chose en retour à l'Allemagne»

Ces dernières semaines, un autre témoignage de solidarité a également ému les Allemands, celui d'un réfugié syrien hébergé à Berlin, qui cuisine et distribue de la soupe aux SDF plusieurs fois par semaine sur l'Alexanderplatz, dans le centre-ville de la capitale allemande, pour «donner quelque chose en retour à l'Allemagne», dont l'hebdomadaire Focus, parmi tant d'autres médias, rapportait récemment l'initiative.

De belles histoires dont a plus que jamais besoin l'Allemagne, alors que le nombre d'attaques visant des centres d’accueil de réfugiés augmente de façon inquiétante. Comme le rapportait l'hebdomadaire Die Zeit dernièrement, 817 attaques ont été répertoriées entre le 1er janvier et le 7 décembre 2015, soit quatre fois plus qu'en 2014.

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