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Pour certaines femmes, ne pas répondre aux trolls qui les agressent ne résout rien

Repéré par Christophe-Cécil Garnier, mis à jour le 19.12.2015 à 10 h 08

Repéré sur Medium

Une journaliste sportive américaine explique dans un témoignage comment les trolls lui pourrissent la vie. Et comment les commentaires des autres n’aident pas.

Trolling | Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

Trolling | Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

Julie DiCaro est une journaliste sportive américaine, très active sur Twitter. «Une partie de son travail», estime-t-elle dans un témoignage qu’elle a publié sur la plateforme Medium. Elle y explique également comment elle doit faire face, chaque jour et à chaque publication, aux trolls qui la harcèle. Pour rappel, un troll est une qualification, subjective évidemment, d’une personne qui fait exprès de générer des débats ou des polémiques. La journaliste indique qu’ils sont indissociables de l’attention que l’on génère:

«C’est assez drôle au début: ils vous traitent de moche, de grosse, de salope. Ils disent des choses tellement ridicules sur votre travail que vous pensez que personne ne peut possiblement les croire.»

Julie DiCaro a donc pris le conseil que tout le monde donne dans ce cas précis: «don’t feed the troll» («ne nourrissez pas le troll» en version française), arguant qu’ils finiront bien par se lasser. Sauf qu’ils ne se lassent pas, explique-t-elle:

«Ils tweetent à vos collègues de travail, prétendant être vous, demandant de vous violer. Un jour, vous passez une journée entière de boulot à signaler les harcèlements à Twitter.»

Un soutien peu présent

Donc, inévitablement selon Julie DiCaro, la devise «ne nourrissez pas le troll» n’est plus tenable à un moment et les personnes concernées commencent à se défendre. Et le pire, c’est que si cette contre-attaque décuple en effet les trolls, les internautes harcelés se retrouvent qui plus est obligés de légitimer leurs actions envers tous les «bien-pensants» qui demandent «pourquoi ne pas juste les ignorer»:

«Quelle satisfaction tirez-vous à les appâter? Est-ce que vous faites tout cela pour attirer l’attention? Est-ce que vous aimez vous faire victimiser? Si c’est votre idée d’un bon moyen de passer le temps, ça en a tout l’air», rapporte Julie DiCaro dans son témoignage.

 

«Oui. Remuer un tas de gens pour troller une femme qui fait son boulot est juste HILARANT, amusez-vous bien.
Pourquoi leur donner de l’attention ? Passez à autre chose et faites ce que vous avez à faire.»

 

«Il aime ce que vous faites, j’aime ce que vous faites. Vous vous aliénez les gens qui vous apprécient en vous concentrant sur ceux qui ne vous aiment pas.»

Si le problème, note la journaliste, ne concerne pas uniquement les femmes dans le sport, elle rappelle plusieurs exemples. Comme Kathy Sierra, qui a écrit à propos de ce sujet sur son blog personnel (où elle explique pourquoi les trolls s’attaquent aux femmes en ligne), ou Sarah Spain, une journaliste de la chaîne sportive ESPN:

«Parfois, les ignorer [NDLR: les trolls] les amène à arrêter leur trolling, vu que l’attention qu’ils pensaient attirer n’a pas été donnée, a indiqué Sarah Spain. Assez souvent, néanmoins, le harcèlement ne s’arrête pas et la cible de leur menace devrait simplement les ignorer et accepter ce terrible traitement. Mais ce n’est jamais sympa de se faire harceler ou insulter en ligne, et cela n’aide absolument pas quand vous êtes supposée ne rien dire et encaisser.»

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