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Les Américains veulent scruter le profil internet des demandeurs de visa

Temps de lecture : 2 min

Une des personnes ayant commis la tuerie de San Bernardino aurait parlé de ses intentions de djihad sur les réseaux sociaux avant d’entrer sur le territoire américain.

Réseaux sociaux | Jason Howie via Flickr CC License by
Réseaux sociaux | Jason Howie via Flickr CC License by

Les événements de San Bernardino ont fait réagir les candidats démocrates et républicains, en campagne pour les primaires. Depuis la tuerie du 2 décembre, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis veut que les propos des personnes tenus sur les réseaux sociaux soient pris en compte lors du processus de demande de visa, rapporte le Wall Street Journal. La raison? Tashfeen Malik, terroriste tuée lors de l’attaque, y aurait tenu sur Facebook des propos privés «exprimant son désir» de devenir une djihadiste, comme l’explique le Los Angeles Times (le FBI, par le biais de Reuters, a démenti cette information). Elle avait ensuite pu quitter le Pakistan et rejoindre aux États-Unis son époux, Syed Farook, l’autre terroriste, également tué par les forces de l’ordre.

Au début de l’année 2014, l’ancien secrétaire d’État à la Sécurité intérieure Jeh Johnson avait refusé d’infléchir la politique migratoire des États-Unis, contrairement à ce que demandaient des fonctionnaires de l’immigration. Il craignait une réaction négative du public et des associations de défense de liberté civile, raconte ABC News. Les fonctionnaires de l’immigration n’ont donc toujours pas le droit de scruter les profils numériques de tous les citoyens étrangers demandant un visa américain.

Les terroristes peuvent éviter ce contrôle facilement

ABC News indique également qu’à l’automne 2014 le département de la Sécurité intérieure a débuté trois programmes pour inclure les réseaux sociaux dans le processus mais des responsables actuels ont affirmé que la politique n’allait pas être généralisée. Le sénateur démocrate Charles Schumer a, lui, demandé à ce qu’un programme en ce sens soit adopté:

«S’ils avaient vérifié les données de Tashfeen Malik, peut-être que ces personnes à San Bernardino seraient encore en vie.»

Cependant, il y a trois obstacles à une telle politique, explique Vocativ. Déjà, parce que les informations récoltées seraient beaucoup trop conséquentes pour être analysées –rappelons que ces mêmes fonctionnaires étudient plus de 10 millions de demandes par an, comme le mentionne le Wall Street Journal. Ensuite, parce que les propos (s’ils sont proférés) ne seront pas toujours aussi explicites et peuvent être effacés avant d’arriver sur le sol américain. Surtout, parce que les terroristes peuvent très bien agir sous couvert d’anonymat.

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Et, dans le cas où les aspirants terroristes seraient observés par le gouvernement, übergizmo note que le réseau social prévient maintenant ses utilisateurs «en cas de détection de cyber-espionnage».

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