Science & santé

La mort des chercheurs fait avancer la science

Repéré par Robin Korda, mis à jour le 16.12.2015 à 17 h 00

Repéré sur Vox, NBER

La disparition d'un grand chercheur est parfois la seule façon pour la jeune génération de s'emparer de problématiques jusque-là cadenassées.

La mort de chercheurs influents est suivie d'une période d'innovations | U.S. Army RDECOM via Flickr CC License by

La mort de chercheurs influents est suivie d'une période d'innovations | U.S. Army RDECOM via Flickr CC License by

Les têtes bien faites sont parfois bien dures. Prenons le milieu scientifique. Les plus grands chercheurs peuvent être obstinés. Ils peuvent railler les idées qu’ils jugent ineptes, voire jouer de leur influence pour les empêcher d’émerger.

Comme le rappelle le site Vox, le prix Nobel de physique Max Planck a fait part de ce phénomène dès le milieu du XXe siècle. Le cofondateur de la mécanique quantique professait ainsi qu’«une nouvelle vérité scientifique ne triomphe jamais en convainquant les opposants et en leur faisant voir la lumière, mais plutôt parce que ses opposants finissent par mourir, et qu’il arrive une nouvelle génération à qui cette vérité est familière».

Cette théorie porte aujourd’hui un nom: le principe de Planck. Et des chercheurs du National Bureau of Economic Research, un organisme privé américain, ont récemment voulu la vérifier. Pour cela, ils se sont appuyés sur le PubMed, le moteur de recherche qui agrège les publications spécialisées en biologie et en médecine, qu’ils ont ensuite croisé avec les nécrologies des scientifiques influents.

Le chercheur est mort, vive le chercheur

Le constat est clair. Dans chaque domaine, la mort d’une star de la recherche est suivie d’une période d’idées nouvelles et d’innovations. Un peu partout, de jeunes pousses bénéficient de plus d’attention et publient davantage une fois délivrées de la doctrine du chercheur défunt.

En revanche, ses jeunes collaborateurs ne profitent plus de l’aura de leur mentor. Souvent cosignataires de nombreuses publications, ils deviennent moins exposés et leurs travaux sont moins publiés. Selon l’étude, cette mort a souvent un impact négatif pérenne sur leur carrière.

Les auteurs du National Bureau of Economic Research estiment donc que les résultats de leurs recherches «dressent le portrait d’une communauté scientifique répartie en corporations d’érudits auxquelles seuls les membres d’élite peuvent réguler l’accès»La mort de ces élites permet à la communauté de se redessiner.

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