Science & santé

Cette plante a plus de mémoire qu’une abeille

Repéré par Robin Korda, mis à jour le 16.12.2015 à 15 h 35

Repéré sur National Geographic, DeepDyve

Une chercheuse australienne démontre qu’un type de plante, le mimosa pudica, est capable d’intégrer des informations et de les retenir pendant plusieurs semaines.

Mimosa Pudica | Connie Ma via Flickr CC License by

Mimosa Pudica | Connie Ma via Flickr CC License by

La croyance populaire veut que l’on donne depuis longtemps une courte mémoire aux poissons rouges. Mais avez-vous déjà entendu parler de la mémoire des plantes? Cet organisme que Wikipédia place à la base de la chaîne alimentaire n’a ni cerveau, ni neurone. Et pourtant. Une scientifique australienne pourrait bien avoir découvert que les plantes peuvent non seulement intégrer des informations mais aussi les retenir en mémoire pendant près d’un mois.

Le mimosa pudica a la particularité de renfermer ses feuilles lorsqu’un élément extérieur le touche ou le secoue. La plupart des humains trouve dans cette réaction une raison de s’émerveiller sur YouTube ou en gifs. Beaucoup de scientifiques y voient, eux, un mécanisme d’autodéfense face aux prédateurs nocturnes. Et Monica Gagliano, professeure de biologie à l’université d’Australie Occidentale, y a décelé un moyen de déterminer si oui ou non les plantes en ont dans la citrouille.

Vingt centimètres de dégringolade

Comme l’explique un article de National Geographic, la chercheuse australienne met d’abord au point une sorte d’ascenseur miniature à sensations fortes pour pot de fleurs. Avec une idée de départ: comme dans les attractions de fête foraines, descendre à la verticale à toute vitesse entraîne une réaction, le plus souvent la peur. Et ça fonctionne. Après vingt centimètres de dégringolade, les feuilles du mimosa pudica sont bien atrophiées.

Mais Monica Gagliano a mis en place de quoi rassurer le végétal: un gros lit de mousse, sur lequel le pot de fleurs se pose doucement. La chute est inoffensive pour la plante, même si sa vitesse entraîne la réaction de repli. Le questionnement de la chercheuse est le suivant: si le même mimosa pudica emprunte encore et encore son ascenseur, va-t-il enfin apprendre qu’il ne risque rien? va-t-il s’en souvenir et arrêter de se renfermer sur lui-même?

La scientifique va mener l’expérience soixante fois, une fois toutes les cinq secondes. «Assez rapidement», elle observe que plusieurs branches restent désormais mi-closes. Comme si elles réalisaient progressivement qu’elles ne risquaient pas grand-chose. À la fin de l’expérience, les feuilles du mimosa restent grandes ouvertes durant la chute. Monica Gagliano écrit: «Elles ne pouvaient pas s’en soucier moins.»

Processus de mémorisation

La chercheuse veut alors vérifier si la plante n’est pas simplement trop épuisée pour activer son mécanisme de défense. Secoué dans un shaker, le mimosa pudica ne tarde pas à rabougrir. Monica Gagliano vient de découvrir que sa plante a bien appris qu’elle ne risquait rien dans son petit ascenseur... Reste à déterminer combien de temps elle saura s’en souvenir.

La scientifique australienne attend une semaine avant de remettre son pot de fleurs à l’épreuve de l’ascenseur. Le mimosa pudica passe le test avec succès. Chaque semaine, pendant vingt-huit jours. C’est plus que le temps de mémoire des abeilles, par exemple. Pour conclure, Monica Gagliano écrit:

«Le processus de mémorisation peut ne pas dépendre des réseaux neuronaux conventionnels. Le cerveau et les neurones ne sont qu’une solution possible, indéniablement sophistiquée. Mais ils peuvent ne pas être nécessaires à l’apprentissage.»

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