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De quoi l'Iran a-t-il peur?

Les sanctions ou les bombardements ne l'inquiètent pas. Téhéran redoute une campagne de promotion des droits des l'homme.

Dimanche 18 Octobre 2009
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Barack Obama coupe les fonds d'un programme oeuvrant à la démocratisation de l'Iran, programme établi et financé depuis des années par les Etats-Unis. Le programme, connu sous le nom de «Centre de Documentation pour les Droits de l'Homme en Iran» distribue des informations sur les violations des droits de l'Homme dans le payx, ainsi que sur les activités ani-démocratiques.

Les directeurs du programme furent choqués d'apprendre que leur demande annuelle de 2.7 millions de dollars pour le financer avait été rejetée. D'autant que l'Iran est véritablement vulnérable non face aux menaces internationales mais face à une démocratisation grandissante du pays. Slate.fr republie un article du 4 octobre pour analyser le refus de financement de ce programme.

***

L'Iran revêt une certaine ambivalence. Parfois, on a vraiment l'impression qu'il y a deux Iran. D'un côté, on a un pays engagé dans un combat nucléaire, qui fait l'objet d'examens par des experts de sécurité et attire toute l'attention de la presse de la Maison Blanche. C'est cet Iran-là qui a fait l'actualité, la semaine dernière, lorsque Barack Obama a révélé l'existence d'un nouveau réacteur nucléaire secret.

Mais, en même temps, il y a un autre Iran. Un pays, pour ainsi dire, totalement différent, où les militants des droits humains font avancer la démocratie et où des journalistes prennent désormais la liberté de faire des photos furtivement avec leur téléphone portable. Et c'est cet Iran-là qui a fait l'actualité, la semaine dernière, lorsque des manifestants ont transformé un défilé anti-Israël, contrôlé par le gouvernement, en une manifestation spontanée contre le gouvernement.

En général, ceux qui s'intéressent à ce second Iran se préoccupent peu du premier et vice- versa. De plus, ces deux catégories de personnes semblent parfois presque antagonistes. Par exemple, lors des manifestations qui se sont déroulées dans tout l'Iran après l'élection présidentielle du 12 juin, beaucoup d'analystes bien-intentionnés ont exhorté le président américain à prendre ses distances par rapport aux émeutes et aux émeutiers, au moins en partie parce qu'une intervention de sa part risquait de compromettre les négociations sur le nucléaire. D'ailleurs, ce choix semblait convenir à Barack Obama, un homme rationnel s'il en est, qui cherche visiblement à éviter tout remue-ménage, désordre ou agitation émotionnelle. La Maison Blanche a alors décidé de traiter avec l'Iran décrit par les experts en matière de sécurité et de laisser l'autre Iran se débrouiller tout seul. Les questions liées aux droits de l'homme et à la démocratie en Iran, ce sont des dossiers intérieurs, avaient conclu les conseillers d'Obama. Ils ont donc réitéré leur proposition de rencontrer les dirigeants iraniens.

Cette proposition n'a rien donné, bien sûr. Car l'Iran, ce n'est pas deux pays! Et les responsables qui prennent des décisions relatives au programme nucléaire de l'Iran sont aussi ceux qui ordonnent l'arrestation, la torture et le meurtre des dissidents. Le comportement des décideurs iraniens dans leur pays reflète leur façon de se conduire sur la scène internationale. Il est en effet peu probable qu'un régime qui dit et répète publiquement que ses opposants sont des larbins américains et des espions anglais change de ton et coopère avec les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne. En même temps, un régime qui subit une énorme pression politique et voit fléchir sa légitimité n'est guère dans la situation idéale pour innover en matière de diplomatie. Peu de chances, donc, qu'il mette fin à son programme nucléaire bientôt.

C'est un cas désespéré, me direz-vous. Pas si sûr... Car le fait que l'Iran soit bel et bien un seul pays implique que l'Occident dispose de certains instruments de politique étrangère en Iran qui n'ont pas encore été véritablement étrennés. Ces derniers jours, un très grand nombre d'experts a recadré le problème iranien: une fois qu'on admet officiellement que l'Iran projette de construire une bombe nucléaire, il n'y a pas cinquante solutions. On peut lui infliger des sanctions, sans certitude aucune quant à leur efficacité. Autrement, on peut effectuer des frappes aériennes, mais sans être sûr qu'elles détruiront toutes les installations nucléaires de l'Iran (puisque beaucoup semblent cachées dans des montagnes). Enfin, on peut lui faire la guerre, et ce serait une catastrophe.

Très peu d'experts envisagent d'autres solutions. Au fond, de quoi ont vraiment peur les dirigeants de l'Iran? Je suis sûre qu'ils ne tremblent pas devant la perspective des sanctions ou des bombardements aériens. Téhéran pourrait compenser un boycott économique avec l'aide du Venezuela ou, pourquoi pas, de la mafia russe. Par ailleurs, une attaque sur le territoire iranien risquerait de contribuer au maintien au pouvoir du régime et à son renforcement.

En revanche, ce que les gouvernants iraniens doivent redouter au plus haut point, c'est une campagne de promotion des droits humains soutenue et bien financée. En effet, que se passerait-il si nous faisions savoir au régime iranien que son obstination à vouloir acquérir des armes nucléaires ne nous laisse d'autre choix que de renforcer le financement des groupes de dissidents exilés, de faire entrer en douce de l'argent dans le pays, d'inonder les radios et les télés d'émissions en faveur de l'opposition et, surtout, de ne pas tarir sur les innombrables crimes perpétrés par la République islamique d'Iran?

Comment réagiraient le président Ahmadinejad ou le Guide suprême, Ali Khamenei, si dans sa prochaine conférence de presse, Barack Obama brandissait une photo de Neda (la jeune fille assassinée par les forces de l'ordre iraniennes)? Et s'il le faisait à chaque conférence de presse? Je parie que l'élite gouvernementale en serait bien plus décontenancée que si elle n'avait plus accès à des machines allemandes ou des tomates néerlandaises importées.

Je sais bien que certains lèveront les yeux au ciel et rétorqueront - comme l'a fait l'administration Obama cet été - qu'une campagne agressive contre les violations massives des droits de l'homme en Iran donnerait au régime l'occasion de crier à l'«ingérence étrangère» et d'assimiler ses opposants à des espions étrangers. Et alors, qu'y aurait-il de nouveau là-dedans? Il le fait déjà!

Les principales mesures envisagées risquent de provoquer un désastre. Il serait donc dommage de ne pas essayer cette option.

Anne Applebaum

Traduit par Micha Cziffra

Image de Une: Le centre secret d'enrichissement d'uranium près de Qom. REUTERS/DigitalGlobe/Handout

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Comments

La peur du scandale

Absolument d'accord avec cet article. Personne n'a les moyens de contrer réellement l'Iran. L'instabilité de l'Irak et la versatilité de l'Arabie Saoudite ne permet pas aux Etats Unis de s'appuyer sur ce pétrole là pour boycotter ce pétrole ci, ni plus l'ouverture simultanée et catastrophique de deux fronts sur le terrain de l'Irak et l'Afghanistan d'engager une nouvelle guerre, même de loin, et encore moins avec la dette américaine. La France ? Une plaisanterie qui ne permet qu'au Quai d'Orsay de jouer les matadors devant les caméras. D'ailleurs je me demande de quoi se mèle t-on, l'Iran interdit de bombe atomique au nom de quoi ? La France a livrer des sous-marins nucléaire au Pakistan, pays autrement plus instable que l'Iran, même soutenu à bout de bras par une Amérique pour qui se soutient est en vérité un engrenage. Et puis croit-on réellement, considérant la politique expensionniste et volontariste de la Russie que Poutine soutiendra tout initiative dans le sens du boycott ou de l'hostilité ? (pardon à l'homme de paille qui "dirige" actuellement). Donc oui, entrainer l'Iran sur le terrain du scandale c'est l'entrainer dans un cercle où elle ne peut rien sinon protester à ce qu'elle proteste déjà. C'est ce même camouflet oriental qui permettrait d'avoir un poids sur une Chine de plus en plus dominante et de fait dangereuse. Mais veut-on entrer sur ce territoir glissant quand sommes toute l'important c'est surtout d'avoir un ennemi.

On devrait inventer une religion avec un seul commandement : profite de la vie
Se faire traiter de con par un imbécile est un plaisir de goumet.

Au fait c'est quoi le soucis ?

J'aimerais que l'on m'explique pourquoi avons nous si peur nous de l'Iran avec une bombe atomique à ce propos, pardon je suis idiot Le Pakistan donc à qui l'occident, et la France, a fourni l'arme nucléaire est tenu à bout de bras par une Amérique qui n'en plus vraiment les moyens. Un pays totalement instable et qui demain peut basculer entre les mains de gens authentiquement dangereux. Alors quoi ? As ton vraiment peur que l'Iran, beaucoup plus préoccupé de taper à bras raccourcis sur son opposition, tandis que les gamins s'éclatent dans le dos des barbus de la Révolution, en vienne au main en livrant sa technologie à quelque cinglé du Hezbollah ? Allons, la cause de l'Islam immodéré n'a jamais intéressé plus que ça les khomeynistes, et Israel est un ennemi bien trop précieux pour qu'on soit vraiment tenté de le rayer de la carte... C'est le pouvoir qui passionne, celui de peser un poids certain sur le Moyen Orient comme l'Europe, de donner le la... donc en vérité nous voilà au fait qu'avec une Iran nucléarisée l'occident serait moins à même de donner le ton... considérant que déjà depuis l'émergence de l'Inde et de la Chine, avec l'appui russe, le dit occident ne donne guère plus qu'un avis que l'on écoute encore comme l'on écoute ce que le vieux a à dire parce qu'il possède, plus pour longtemps, quelques clefs du coffre. Ou bien c'est que derrière ça se profile l'émergence d'un mode de gouvernement où la démocratie est une option peu reluisante. L'influence effective de ces régions où le citoyen est prié de ne pas commenter les décisions de ses dirigeants corrompus, jeunes états frais et fringants de leur propre réussite et bien décidé à ne pas se faire embarrasser de ces concepts surranés inventé par quelque grec du fond des âges, et que du reste l'occident a mainte violenté au titre de ses intérêts. Oui, j'aimerais croire que c'est là la véritable crainte des actuels heraults du nucléaire pacifique (tous possedant la bombe du reste) celui de voir le totalitarisme peser le poids de l'avenir sur nos frèles démocratie. Mais j'ai peur que ce qui gène en réalité, considérant les courbettes faites aux mêmes totalitaire, qu'il s'agisse en réalité d'idéologie, Islam contre Chrétienté, avec tout ce que cela peu engeandré comme incompréhension dans ce même Islam, et comme fantasme de manière générale.

On devrait inventer une religion avec un seul commandement : profite de la vie
Se faire traiter de con par un imbécile est un plaisir de goumet.

L’Islam radical à l'iranienne

L’Islam radical à l'iranienne représente un danger, le même que l’idéologie nazi dans les années 30 du siècle passée. Hélas, dans un monde de crise économique permanente, qui pèse sur le moral de tout un chacun, nombreux sont ceux qui, par désespoir, cèdent au chant des sirènes de la spiritualité artificielle qu’est la religion. Cette "spiritualité" qu’ils prêchent n’est malheureusement qu’une manipulations au profit des intérêts d’une poignée de gens, tellement avides du pouvoir qu’ils sont prêts à sacrifier des vies humaines sans compter. Prêchant à tout va que la vie humaine est bien meilleure après la mort. Attendant impatiemment le jour du jugement dernier, l’apocalypse, la fin du monde matériel. Nombreux sont prets à passer à l’acte pour le réaliser. La puissance nucléaire, le Pakistan, un des pays les plus pauvres du monde et le pays où 80% de la population souhaite appliquer la charria, est aujourd’hui ami des américains. Que va-t-il se passer dans la région si les américains déserrent l’emprise sur le Pakistan ? Que va-t-il se passer quand Iran aura sa bombe ? Ils passeront à l’acte, ils se la provoqueront, leur apocalypse, à faire exploser la planète. Et ils iront droit au paradis, alors pourquoi se gêneraient-ils ?

Aussi préoccupants que Iran, un pays relativement lointain, sont les admirateurs de mollahs en France. Il y a en effet une mode islamique en France, parmi les jeunes, pas toujours d'origine africaine ou orientale. Ils sont de plus en plus nombreux sur les forums non modérés, où ils s'imposent souvent par le nombre de copier-collers coraniques, et par une manipulation de votes, comme par ex. sur Agoravox. Il y a une grande offensive propagandiste pro-islamiste en ce moment, sur Internet, au détriment de certains forums auparavant fort interéssants. Leur grand gourou, T. Ramadan, tribun communautariste, n'hésite pas à appeler ses "frêres" à la desobeissance civile dés que les lois de la République ne sont pas en accord avec le doctrine islamique.

We are such stuff as dreams are made on

Autant l'article ne manque

Autant l'article ne manque pas de pertinence,autant l'analyse fait abstraction d'un élément fondamental, ce qui lui fait complètement manquer de réalisme. D'un point de vue géopolitique, l'évolution de l'Iran vers une démocratisation est extrèmement intéressante. Une puissance régionale du Moyen-Orient qui devient plus ouverte sur le monde, moins hostile à l'Occident, ça ne manque pas de charme. Evidemment, si du point de vue humain ça signifie aussi une diminution (une cessation ? ) des persécutions contre les opposants politiques, la fin de la répression sauvage des manifestations, en un mot la fin du sang répandu, ça n'en est que mieux. Et tout cela profiterait autant à l'Iran qu'au reste du Moyen-Orient, et au monde occidental.

Cette évolution est très vraisemblablement en cours, et ne manquera pas de se produire à plus ou moins long terme. Et voilà le problème, à l'heure ou se multiplient les rapports annonçant que l'Iran possède la technologie pour produire des armes nucléaires. Au jour d'aujourd'hui, l'Iran est dirigé par un régime religieux, fanatique même dans ses convictions idéologiques. Ce qui n'exclut pas une grande finesse, par exemple en laissant planer le doute quant à ses intentions nucléaires. Mais réveillez-vous, réveillons-nous ! S'il y a une chose absolument certaine, c'est que l'Iran souhaite avoir, et obtiendra, à moins que l'on ne l'en empêche, des armes nucléaires. Et les obtiendra rapidement. Après, de là à penser que des psychopathes comme le guide suprême de la révolution ou le président iranien voudraient s'en servir, il y a un pas que certains n'hésitent pas à franchir, au premier rang desquels figurent les Israeliens, directement menacés par cette éventualité.

On peut disserter autant que l'on veut sur le renversement de l'équilibre des puissances dans la région - les arabes sunnites ont d'ailleurs tout intérêt à maintenir la suprématie d'Israël sur l'Iran - il n'empêche que l'Iran nucléaire sera considéré par Israël comme "une menace directe à son existence". Il ne s'agit pas ici de discuter l'interprétation de cette expression, mais seulement de dire ce qu'elle implique : les israëliens ne veulent pas, ne PEUVENT pas laisser exister une telle menace. Ils feront, à nouveau, bon marché de leur réputation sur la scène internationale, et de l'avis américain - et plus encore de celui des européens - s'ils estiment, si Benyamin Netanyahu estime que la vie des 7 millions d'habitants du pays est en jeu.

Tout ceci n'enlève rien à la dangerosité de la situation au Pakistan, qui d'ailleurs est liée à ce dossier "nucléaire iranien". Et c'est la volonté du président Obama d'obtenir un progrès global, sur tous les fronts, qui a retenu pour l'instant une éventuelle frappe militaire. Car un accord avec l'Iran signifierait vraisemblablement un diminution du soutien de Téhéran aux talibans, intérêt bien compris des américains. Mais si les israëliens ont le sentiment qu'ils ne sont plus soutenus par l'oncle Sam quoi qu'il arrive, ils risquent fort d'intervenir - ils en ont les capacités techniques - et advienne que pourra, quitte à envoyer au diable les voeux américains de stabilisation irano-afghano-pakistanaise...

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