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Faire enregistrer les drones mais pas les armes, le paradoxe américain

Repéré par Christophe-Cécil Garnier, mis à jour le 15.12.2015 à 18 h 28

Repéré sur Motherboard, Vocativ

Des propriétaires de drones s'indignent contre le contrôle obligatoire en place à partir du 21 décembre prochain aux États-Unis.

Vol d'un drone | Richard Unten via Flickr CC License by

Vol d'un drone | Richard Unten via Flickr CC License by

Le 21 décembre prochain, il sera interdit de posséder un drone non référencé aux États-Unis auprès de l'autorité fédérale de l'aviation (FAA). Les propriétaires devront enregistrer tout appareil de plus de 250 grammes, qui obtiendront un numéro d'identification. Dans le cas contraire, ils pourront risquer jusqu'à 250.000 dollars d'amende (environ 228.000 euros) et trois ans de prison.

Dans un article sur Motherboard, un contributeur s'insurge contre le fait de devoir référencer «un petit quadcopter» d'onze centimètres de large et qui «risque plus de s'écraser contre un arbre à cause d'une légère brise que de blesser quiconque». Surtout, note l'auteur, quand il peut déménager dans le New Hampshire, son état voisin, où il pourra acheter un fusil d'assaut sans avoir besoin de permis ou de l'enregistrer. Il rappelle également que dans son pays, il y a eu plus de fusillades que de journées en 2015.

Responsabiliser

Au mois d'octobre, lorsque l'administration américaine a demandé à la FAA de procéder à l'immatriculation des drones avant la fin de l'année, l'inégalité de traitement entre le contrôle de ces appareils et des armes était déjà pointé du doigt sur les réseaux sociaux, comme le montre Vocativ.

 

«Je viens juste de lire que le gouvernement américain pourrait demander un enregistrement pour tous les drones achetés. Mais pas les armes, jamais les armes. Un pont trop loin sur les armes.»

 

«Enregistrez vos armes!!! Non attendez... Pas les armes... Des jouets-hélicoptères. Enregistrez ces jouets-hélicoptères. Ils sont dangereux.»

Motherboard écrit également que ce n'est pas le contrôle qui est un problème:

«La FAA indique que le but est d'encourager la responsabilité des opérateurs de drones, ce qui en soi n'est pas une si mauvaise idée. Alors que tous les amateurs avec qui j'ai volé et parlé sont des personnes responsables sachant qu'il ne faut pas faire des choses stupides (comme suivre des avions ou planant à côté des appareils d'intervention d'urgence), il y aura inévitablement quelques idiots dans les 400.000 à un million de personnes qui déballeront leurs drones tout neufs pour Noël.»

Un débat muselé

Le contributeur note qu'à l'inverse, seulement quatre États des États-Unis mettent en place un enregistrement pour les propriétaires d'armes et seulement douze États mettent en place un permis pour posséder un pistolet. Surtout, les possesseurs de drones n'ont aucun moyen de protester contre la mesure, la FAA ayant statué qu'elle ne le permettra pas eu égard au fait que ces possibles protestations sont «contrebalancées par l'augmentation significative du risque auquel le public devra faire face devant la prolifération immédiate de petit avion sans pilote qui seront introduit [dans l'espace aérien] dans les prochaines semaines»

Un argument qui pourrait être utilisé pour les armes à feu. Devant cette interdiction, un internaute repéré par Vocativ sur Twitter a même indiqué ironiquement que cette régulation allait amener les constructeurs de drones à les transformer «en arme volante»

 

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