Sarkozy piégé par les intellos de gauche
En s'insurgeant contre l'arrestation de Roman Polanski, la «gauche caviar», qui fascine le président, le met en porte-à-faux avec son électorat.
- Frédéric Mitterrand Charles Platiau / Reuters -
Le Front national a lancé une campagne contre Frédéric Mitterrand. Le parti de Jean-Marie Le Pen exige de Nicolas Sarkozy le renvoi de son ministre de la Culture. Frédéric Mitterrand qui a apporté son soutien à Roman Polanski, arrêté le 26 septembre en Suisse pour viol sur mineur, est au coeur d'une polémique en raison de ses écrits controversés dans son livre-confession, «La Mauvaise Vie». L'ouvrage publié en 2005 évoque le tourisme sexuel en Thaïlande. Le porte-parole du Parti Socialiste, Benoît Hamon, a qualifié de «choquant» le livre de Frédéric Mitterrand. «Je trouve choquant qu'un homme puisse justifier, à l'abri d'un récit littéraire, le tourisme sexuel», a-t-il déclaré.
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Et si le président était en train d'entraîner sa majorité dans le piège germanopratin (de Saint-Germain des Près)? La réaction très rapide et sans équivoque de Fréderic Mitterrand à la «capture» de Roman Polanski par la police suisse est marquée sous le sceau d'un élitisme «germanopratin» de la plus pure espèce. Le Ministre de la Culture a fait part de sa «très profonde émotion», jugeant cette arrestation «absolument épouvantable... pour une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens»...
Pendant la campagne électorale et tout au long de la carrière de sa carrière au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a particulièrement aimé utiliser ce terme «germanopratin» pour stigmatiser cette gauche intellectuelle que l'on trouve (plus beaucoup d'ailleurs) à Saint Germain des Prés. Cette «gauche caviar» et pétitionnaire qui, selon l'imagerie RPR, puis UMP classique, «se réunit dans les beaux salons, se répand dans les dîners en ville pour refaire le monde et tout critiquer». Cette «gauche du 6éme arrondissement de Paris qui vit sous des moulures haussmanniennes et qui a des avis tranchés sur la sécurité en banlieue», «cette gauche qui ne comprend pas le peuple et qui, par un angélisme coupable, prend toujours le parti de l'agresseur contre la victime», «cette gauche «droit-de -l'hommiste» (autre mot très apprécié du ministre de l'Intérieur Sarkozy) qui vit en vase clos et se gonfle d'importance en s'auto promotionnant dans des gazettes prétentieuses»...
La «gauche germanopratine» fait partie de ces concepts qui déclenchent des hués ou des rires automatiques dans une assemblée de militants UMP normalement constituée. Ayant été ministre de l'Intérieur donc de la répression, ayant été candidat de droite avec une stratégie de pompage des voix de l'extrême droite, Nicolas Sarkozy se devait d'être la figure de proue du bon sens sécuritaire et le plus grand flingueur de la germanopratine attitude! Il le fut... Mais voilà...la vie, l'amour, les ruptures, les recompositions familiales, voilà donc que Nicolas Sarkozy Président tombe amoureux et épouse l'une des égéries de ce monde germanopratin. Carla Bruni. Celle-là même qui chantait au Zénith, au fameux gala contre les tests ADN pour les familles d'immigrés.
Finalement fasciné par cette population brillante et savante qu'il fustigeait, le Président nomme à la Culture Fréderic Mitterrand au titre de l'ouverture patrimoniale. Fréderic Mitterrand que l'on peut classer, bien sûr, dans une zone idéologico-géographique qui irait de la rue de Sèvre à la rue de Bièvre, c'est-à-dire de la Germanopratie occidentale à la Germanopratie septentrionale avec au nord la Seine et au sud le Panthéon.
«Mauvaise vie», le livre confession de Fréderic Mitterrand, était bien sûr connu. C’est un best seller et le président de la République savait, en nommant Fréderic Mitterrand à un poste exposé de son gouvernement, quel était le passé et les écrits de son nouveau ministre. Tous ceux qui estiment aujourd’hui que le contenu de ce livre est incompatible avec la fonction de ministre le savaient aussi. Aucun commentaire, aucune réclamation n’a pourtant était émise quand Fréderic Mitterrand a été nommé, d’abord à la direction de la villa Médicis, puis au gouvernement. Ça veut dire que «Mauvaise vie» qui peut être parfaitement choquant, troublant (parce que ce n’est pas un roman), était plutôt classé au registre des aveux d’un passé douloureux. Il n’était pas perçu comme l’apologie de la prostitution ni du tourisme sexuel et encore moins de la pédophilie. Il ne venait à personne, même pas à Benoit Hamon, l’idée de penser que Fréderic Mitterrand était indigne de sa nouvelle fonction.
Tout cela pour dire que les Germanopratins ont beaucoup de défauts, ils sont snobs et pédants mais ils ont aussi quelques qualités, ils sont cultivés et parfois drôles. Nicolas Sarkozy s'est rapidement aperçu qu'il était quand même plus intéressant de côtoyer Louis Bertignac et Raphaël Enthoven que Jean-Marie Bigard et Didier Barbelivien!
Fort de cette confiance que le Président lui témoigne, Fréderic Mitterrand s'est donc cru autorisé à réagir à l'arrestation de Roman Polanski ... comme un germanopratin! C'est-à-dire en privilégiant l'agresseur à la victime. Mais là, pour le ministre de la Culture, il ne s'agit plus d'avoir un avis sur Proust (que Nicolas Sarkozy lit en ce moment) ou sur JR (le photographe qui met des gros yeux partout en ce moment)...
Là c'est du lourd, c'est du viol, de la pédophilie, de la fuite, de l'impunité! La germanopratie se rappelle au bon souvenir des militants UMP... et Marc Lafineur, vice-président du groupe UMP à l'Assemblée a fini par exprimer l'avis de bien des militants, et sans doute le sentiment de bien des citoyens, sur cette affaire: «S'il y a viol ou abus sexuel d'une jeune fille de 13 ans, et que l'on puisse s'en tirer seulement parce qu'on a payé sa caution, moi ça me met mal à l'aise»... Soit Nicolas Sarkozy ne pense pas autre chose et alors il vient de se faire piéger par «l'ouverture», soit il est d'accord avec Fréderic Mitterrand et alors ça veut dire qu'on (son entourage germanopratin) nous l'a bien changé !
Thomas Legrand
Lire également: Si Roman Polanski s'est fait arrêter, c'est sa faute et La France ne peut rien pour Roman Polanski.
Image de Une: Frédéric Mitterrand Charles Platiau / Reuters
Mis à jour le 08/10/2009 à 10h00










































Cette affaire est aussi à mettre en parallèle avec l'affaire du récidiviste qui a tué Marie-Christine Hodeau. Sur la base d'éléments partiels, la meute UMP est sortie du bois pour demander la mise en place de castration chimique (et alors qu'à ce jour, il n'est pas prouvé que le tueur ait violé la victime). Avec de telles idées, Roman Polansky aurait été castré il y a 35 ans...
Le deux poids deux mesures est évident et les réactions du peuple aux propos de F. Mitterand sont sans ambigüité, il ne valide pas du tout la position du ministre. Le "mon désir est la loi" est une grande constante de la Vième république. A quand des ministres qui respectent la justice ?
Le chroniqueur, qui semble affectionner le terme "germanopratin" (au combien parisien et réservé aux commentateurs médiatiques), a une tendance à susciter des réactions d'une grande subtilité (JBoss)...bien en phase avec ses themes racoleurs et toujours fondamentaux (conférence de presse, etc). Sur le sujet de Polanski le dileme est complexe et si personne n'est à l'abri des lois, il suffit d'etre une fois face à la justice pour se rendre compte que les grands principes pesent peu dans la réalité. F Mitterand a pris une position courageuse, meme si elle s'avère risquée et discutable, cela change de la langue de bois et des parapluies... ce que devrait apprécier M. Legrand qui représente si bien la France profonde?. Vive les grands principes!
Fondamentalement cette attitude corporatiste de personnalités sensées être des intellectuels est intellectuellement inadmissible.
Que Roman Polanski soit un grand intellectuel et un grand réalisateur ne permet pas de présumer de sa moralité. Le plus grand des salauds peut être le plus génial des artistes. Rappelons qu’il est recherché par la justice d'un pays démocratique car il a fui avant son procès pour des faits répréhensibles et que personne ne met en doute ! Ce n'est même pas un crime politique, mais une affaire de moeurs !
Imaginons la réaction d’un BHL si Slobodan Milosevic avait été un grand artiste Serbe avant de devenir un exterminateur. Aurait-il été le défendre au tribunal de La Haie ? Et si la victime de Roman Polanski avait été sa cousine ou sa sœur ? Dans quel camp serait-il ?
Que ces gens décident de défendre coûte que coûte leur ami est une attitude compréhensible. Qu’ils décident de défendre Roman Polanski parce qu’un artiste est au dessus des lois est intellectuelement scandaleux !
La gauche française a les intellectuels qu’elle mérite….
Vous semblez mettre les intellectuels français au-dessus de l'ensemble de la majorité des Français, et c'est là votre erreur. Il suffit de considérer l'histoire du XXème siècle pour constater que tout intellectuel qu'ils se sont autoproclamés, ils se sont toujours (ou presque!) lamentablement trompés et ont abusé ceux qui suivaient aveuglément et complaisamment leurs divagations. Un seul exemple parmi des milliers: La plupart de ces "intellectuels" ont été membres du PCF, financé en sous main par l'URSS, et ont soutenu très longtemps les théories communistes bien après les années 1970 (Voir le Programme Commun de la Gauche ).
Papier léger, pardon, qui se veut léger, sur un sujet qui ne l'est pas. Celui qui s'est fait piéger, jusqu'à plus ample informé, c'est Frédéric Mitterrand (ainsi que Kouchner, curieusement oublié par le billettiste, allez savoir pourquoi).
Mais tout est bon, n'est-ce pas pour s'en prendre à Sarkozy, y compris, surtout, Carla.
Mon Dieu, quelle misère que la presse française !
Il apparaît qu'il y a bien un fossé entre la réaction largement corporatiste du show-biz (avec des exceptions, évidemment, telle celle de Luc Besson) et la majorité des réactions des citoyens lambdas (de tout l'échiquier politique, semble-t-il, en scrutant les réactions sur les blogs).
FM a très vite tenté de se raccrocher aux branches. Mais la première impression est souvent la pire, et à chaud, il était "épouvanté'.
Les réactions à l'UMP ne se sont pas fait attendre. Réactions prévisibles, même si bien édulcorées par rapport au type de celles que FM a pu entendre lors de sa visite incongrue à la Fête de l'Huma. Or la lecture des blogs suite à cette affaire Polanski a eu tôt fait de mettre les projecteurs sur certains écrits passés de FM, certes courageux dans ses révélations. Comme je n'étais ni informé ni très intéressé par la vie privée des gens ou par ce type de révélations dans des écrits publics, je ne savais pas que ses choix de villégiature pourraient en faire un personnage à la Houellebecq. Tous les goûts sont dans la nature, et le caractère "majeur" de ses connaissances exotiques met FM à l'abri des déboires d'un Polanski. Mais là on parle politique. C'est la crise, tout le monde (enfin, le grand public) doit se serrer la ceinture, et inévitablement on se demande où passe l'argent public. Qu'apporte la venue de FM au gouvernement ? La gauche (toutes tendances) ironise sur ce "social-traître" même s'il n'a jamais été de gauche, sans doute pour crime de lèse-nom. La droite est largement imperméable sinon à sa personne, du moins à ce style de réactions sur l'événement, même si sur au moment de la nomination de FM ce dernier "coup" de Sarkozy a pu être jugé amusant. Et dans la mouvance UMP ou de tous ceux qui se rallieraient à Sarkozy au deuxième tour, le nom de marque "Mitterrand" est à peu près honni par ceux qui comptent et qui ont connu les années Mitterrand (sauf à l'égard de Mme Mitterrand et de ses louables efforts en faveur du Kurdistan). FM se réjouit aussi d'avoir un beau budget à la culture, au même moment où il est clair que cet excédent pourrait être plus utile au fonctionnement de la justice, dont les déficiences touchent directement le public citoyen. Au point de vue électoral, à droite, je ne vois donc qu'un effet négatif. Message brouillé. L'élément militant de l'UMP soit a accepté d'entrée, soit a approuvé par la suite la venue de Fadela Amara au gouvernement, réaction très logique et très louable. Par contre, je ne pense pas que ces gens-là admettent jamais sincèrement la venue de l'ancien locataire de la Villa Médicis. Certes, Sarkozy veut ratisser large pour 2012, c'est la loi du genre, mais un minimum de cohérence est également la loi du genre. Je ne la vois pas dans le cas de Frédéric Mitterrand. Pour une grande partie du peuple citoyen, il a eu tout faux. On est plutôt ici dans le "germanopatatras" pour reprendre le dialogue liminaire du film "Ridicules".
L'analyse de la situation par Thomas Legrand aurait été intéressante si elle n'était pas totalement partisane et subjective. C'est plus un billet d'humeur très 'Radio France' qu'une analyse froide et objective de la situation, une mise en perspective de faits qu'on pourrait attendre d'un site d'analyse de l'information comme Slate.fr.
Car dire 'Ayant été ministre de l'Intérieur donc de la répression, ayant été candidat de droite avec une stratégie de pompage des voix de l'extrême droite'...çà me fait plus penser à une tribune de Ségolène Royal qu'à une analyse journalistique.
Toute cette gesticulation politico-médiatique montre combien la classe politique s'enlise dans une vase nauséabonde, le commentaire de M. Bertrand (UMP) "ne pas mettre la vie privé sur la scène" montre une nouvelle fois que l'ensemble de la classe politique, gauche /droite est dans une spirale infernale de médiocrité.
Les politiciens montrent chaque jour combien leur valeur MORALE est rangé au placard de la dignité.
En définitif les lignes directrices malsaines de certains habitants des banlieus sont celles de nos politiciens cela devient sur le fond du copié/collé
Francois Bayrout et Daniel Cohn Bendit ?
et celui de Bertrand Delanoé ?
ET (uniquement pour rire) de ségolène royal ?
Sauf erreur, chronique très germanopratine, non ?
De quoi, en tout cas, apprendre ce que lit le président
et ce qui le fascine. Une telle proximité - intimité ? -
avec le pouvoir garantit la solidité du reste
des affirmations sur l'appartenance
d'un(e)tel(le) à une catégorie sociale
(au sens des études de marché)
et le poids de cette dernière
sur l'orientation politique nationale.
Bref, un cercle de fumée supplémentaire
ajouté à celui d'une ouverture de façade,
puisqu'elle ne dépasse pas le réemploi
d'une poignée de mercenaires peu regardants
au lieu de constituer un véritable brassage
d'idées accompagné d'un changement d'attitude
et d'une (re)négociation des objectifs.
Ouvertueusement.
. . .
Sur le long fondu enchaîné entre l'arrestation d'un cinéaste,
la réaction d'un ministre de la culture, entre autres,
et les passerelles branlantes lancées
jusque vers la sociologie
et la politique,
pour le coup,
voilà de quoi fasciner
l'individu lambda cantonné au poste
de simple observation des moeurs de la "classe" dirigeante !
A cette chère Marianne qui s'interrogeait sur mon "manque de communication" sur Slate, l'article de Sieur Thomas est un élément de réponse. Journaliste ? je ne sais pas, en tout cas je ne lui souhaite pas afin de preserver les quelques vrais journalistes. Billet partial et manque d'objectivité, limite insultant vis à vis de Carla et teinté lourdement d'anti-sarko primaire... Bref...
D'ailleurs, il y a un autre germanopratin d'une autre époque dont il aurait pu nous rappeler la probité et la droiture: Cohn Bendit et son fameux Grand bazar !
cordialement,
"une des égéries de ce monde germanopratin" attribuer ce rôle à Carla Bruni, c'est finalement mettre en évidence par l'absurde que le monde germanopratin est tombé bien bas...
il ne s'agit plus d'avoir un avis sur Proust (que Nicolas Sarkozy lit en ce moment) " : vous croyez à cette fable, ou c'est de l'humour ?