Science & santé

Que les perdants des régionales se consolent, les élus meurent plus jeunes que leurs rivaux

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 15.12.2015 à 11 h 56

Repéré sur Washington Post

Une étude controversée l'assure: le pouvoir, ça use énormément.

Portrait de François Hollande | Thierry Ehrmann via Flickr CC License by

Portrait de François Hollande | Thierry Ehrmann via Flickr CC License by

Lorsqu’il est élu président de la République en 1981, François Mitterrand apprend de son médecin qu’il est atteint d’un cancer. «En décembre, je serai mort», dit-il alors à certains de ses proches (la vérité, on le sait, sera toute autre), comme le rappelle Arte. Les problèmes de santé des politiques élus sont un enjeu majeur dans les démocraties. Mais à côté des dirigeants prenant leurs fonctions dans un état défaillant, il y a une autre école, celle des élus dont la santé semble minée prématurément par le démon de la politique. Dans son Histoire de la Révolution française, Jules Michelet disait de Robespierre que cinq ans de vie publique l’avaient fait vieillir de plusieurs décennies. Aujourd’hui, le British Medical Journal publie une étude sur cette question et le Washington Post la relaie. 

Les chercheurs, dirigés par Anupam Jena qui enseigne les politiques sanitaires à Harvard, ont collecté des données relevant de 17 pays différents (en commençant par les élections britanniques de 1722), comparant les trajectoires des chefs d’État ou chefs de gouvernement contre leurs adversaires malheureux dans le scrutin. 

En terme de rythmes de vie, d’habitudes, de stress, et d’impératifs professionnels, ces individus sont très proches, permettant de prendre des points de repères. Ils en ont conclu qu’en moyenne les élus vivent 2,7 ans de moins que leurs rivaux, expliquant qu’en un sens donc les politiques vieillissent plus rapidement lorsqu’ils sont en responsabilité.

L'image au centre du débat

Mais ces observations et enseignements sont déjà l’objet de controverses. Jay Olshansky, professeur de santé publique à l’université d’Illinois de Chicago voit les choses d'un autre œil. Selon lui, l’étude montre seulement que les dirigeants meurent plus tôt en général mais pas que la dégradation de leur métabolisme est toujours en cause: la recherche n’écarte pas les élus assassinés, morts dans des accidents etc.

Il précise d'ailleurs que les membres de l'élite politique avaient coutume de dépasser les quatre-vingts ans à une époque où les citoyens ou sujets mourraient encore souvent à quarante ans. 

Quant au vieillissement, l’enseignant note que s’il est vrai que les politiques semblent se faire des cheveux blancs vitesse grand V sous les lambris du pouvoir et que l’on voit tôt des rides se dessiner sur leur front soucieux, il ajoute qu’il n’y a là rien qui doive nous étonner. C’est la faute des caméras et appareils photos: «Ils vieillissent comme nous mais contrairement à nous, on les voit vieillir tous les jours.» 

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