Science & santé

«À chaque relation, mes doutes me submergent et je décide de rompre»

Lucile Bellan, mis à jour le 22.12.2015 à 10 h 29

Cette semaine, Lucile conseille Sandra, qui n’arrive plus à se laisser aller en confiance dans une relation amoureuse.

Détail de «La Dame de Shalott», huile sur toile de 1888 du peintre préraphaélite anglais John William Waterhouse | via Wikimedia Commons (domaine public)

Détail de «La Dame de Shalott», huile sur toile de 1888 du peintre préraphaélite anglais John William Waterhouse | via Wikimedia Commons (domaine public)

«C’est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c’est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes.

Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

Pour retrouver les chroniques précédentes, c’est ici.

Je m’appelle Sandra. Mon histoire est assez bizarre mais j’aimerais que vous m’apportiez votre aide.

En effet, depuis ma première déception amoureuse à l’âge de 18 ans, je n’arrive plus à aimer.

Malgré tous mes efforts, lorsqu’une personne me plaît, je reste bloquée. Je n’arrive plus à faire confiance ni à me laisser aller.

Toutes les fois que j’essaye de me mettre dans une relation, mes doutes me submergent au point que je décide de rompre.

Chaque fois que je m’engage dans une relation et que je constate qu’il y a des situations ambiguës, je me replie sur moi et je ne laisse pas l’opportunité à l’autre de s’expliquer. Il suffit que je surprenne l’autre en train de chuchoter au téléphone ou qu’il change de conversation avec ses amis une fois que j’arrive pour que je me dise qu’il me trompe ou qu’il joue avec moi.

Malgré ma conscience de cette situation, je n’arrive pas à me défaire de cette manie.

Mes amis trouvent que je vois le mal un peu partout

D’autre part, j’ai toujours l’impression que les hommes s’intéressent à moi parce que je suis indépendante financièrement (un bon boulot, une maison...) et non à cause de ma personne. Par exemple, à chaque nouvelle rencontre, je constate qu’au début l’autre paie l’addition quand on sort ou alors on partage, puis après c’est du genre «j’ai oublié mon porte-monnaie à la maison». Parfois, certains vont jusqu’à me demander de leur prêter de l’argent. En cas de refus ou si je ne vais pas dans le sens escompté, je constate qu’une distance se crée entre nous et puis, sans aucune explication, je sens que je suis de trop (plus d’appel de l’autre; quand tu l’appelles, il ne décroche pas ou il te répond mal ....).

Mais, quand je parle de cette situation avec mes amis, ils trouvent que je vois le mal un peu partout. 

Là, je suis larguée et je sais plus trop quoi faire.

Sandra

Chère Sandra,

Il est évident qu’à ce jour vous n’avez pas rencontré la bonne personne (ou même tout simplement de bonnes personnes). Votre expérience vous donne le droit d’avoir un problème de confiance. Vous n’êtes pas la seule dans ce cas-là. Et vos réactions, tout sauf disproportionnées, ne vont pas jusqu’à surveiller les communications ou les sorties de vos compagnons. Vous avez juste besoin qu’on vous renvoie des informations claires et franches pour éviter de vous faire souffrir.

Et je peux vous assurer que les hommes qui ne chuchotent pas au téléphone ou qui ne changent pas grossièrement de conversation avec leurs amis dès que vous entrez dans la pièce existent. Il s’avère que, pour l’instant, vous n’en avez pas rencontré. Sur ce point, vous vous attribuez l’échec de vos relations passées mais je vous assure que les situations ambiguës ne sont pas la norme et que vous n’avez pas à les supporter si elles vous mettent mal à l’aise (ce qui est même tout à fait naturel).

Je me dois de vous rassurer: le problème ne vient pas de vous

Concernant les problèmes liés à l’argent, je suis une nouvelle fois au regret de vous dire que vous avez également eu votre lot de mauvaises rencontres. Difficile, financièrement, de vivre dans l’égalité parfaite. Mais gardez bien en tête que «votre argent: vos règles». Si vous préférez partager l’addition, ou si vous êtes mal à l’aise à l’idée d’être toujours celle qui paye (ou à l’inverse celle qui est toujours invitée, c’est possible aussi), c’est à l’autre de s’aligner. En fait, c’est même une question qui se pose assez rapidement et qui nécessite parfois quelques ajustements ou discussions mais ne doit en aucun cas être problématique à ce point.

Il est déjà arrivé à toutes les femmes de faire une ou des mauvaises rencontres. Pourtant, comme cela semble être chez vous systématique, c’est que le problème est peut-être en amont. Y a-t-il un dénominateur commun à ces rencontres (outre le fait que ce sont tous des mufles)? Avez-vous envisagé de changer vos habitudes de séduction pour d’autres types de rencontre dans d’autres lieux et peut-être plus adaptés à votre niveau de vie/vos exigences?

Je me dois de vous rassurer: le problème ne vient pas de vous. Mais il ne dépend que de vous de vous protéger afin que ces mauvaises expériences ne se reproduisent pas (ce qui, à n’en pas douter, empirerait vos problèmes de confiance). Les hommes bien existent, je vous souhaite de tout cœur d’en rencontrer un.

Lucile Bellan
Lucile Bellan (173 articles)
Journaliste
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