France

Six candidats élus malgré eux en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine

Aude Lorriaux, mis à jour le 14.12.2015 à 17 h 01

Sur les dix-neuf candidats élus de la liste Masseret, six appelaient à voter pour la droite.

Jean-Pierre Masseret, le candidat du Parti socialiste dans la région Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine, le 7 décembre 2015. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP.

Jean-Pierre Masseret, le candidat du Parti socialiste dans la région Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine, le 7 décembre 2015. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP.

Une première version de cet article indiquait par erreur que quatre-vingt-trois candidats de la liste Masseret avaient été élus dimanche 13 décembre. Il s’agissait d’une confusion avec le nombre de candidats de la liste: en réalité, ce sont dix-neuf candidats socialistes qui ont été élus, parmi lesquels six s’étaient positionnés contre le maintien de la liste au second tour afin de faire barrage au FN.

Dix-neuf candidats ont été élus, dimanche 13 décembre, sur la liste PS de Jean-Pierre Masseret en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, qui s’était maintenue au second tour contre l’avis de la direction nationale du parti. Ces candidats ont donc emporté leur siège alors que leur propre parti avait appelé à voter pour la liste LR-UDI de Philippe Richert face à la menace représentée par la liste FN de Florian Philippot, et ce, alors même que certains d’entre eux avaient souhaité, en vain, retirer leur nom de la liste.

La faute aux règles électorales, qui imposent qu’au moins la moitié des candidats se retirent d’une liste dans l’entre-deux tours pour qu’il soit possible de la faire annuler: soit, en l’occurrence, au minimum 95 personnes sur 189, selon L’Alsace. Peine perdue: «au final, ce sont quatre-vingt-trois démissions qui ont été déposés en préfecture à Strasbourg, mais seules soixante-et-onze ont été validées», expliquait le quotidien régional.

Démissionner?

Ce qui a donné lieu à quelques situations cocasses. Parmi les dix-neuf candidats élus sur la liste de Jean-Pierre Masseret, il y avait par exemple Anne-Pernelle Richardot, tête de liste PS dans le Bas-Rhin, qui avait plaidé pour le retrait mais a été contrainte de se maintenir. On trouve aussi Julien VaillantBertrand Masson, Nathalie Hameau-Kinderstuth, tous trois élus sur la liste Meurthe-et-Moselle, Thibaut Villemin, seul élu de la Meuse, et Brigitte Vaïsse, troisième sur la liste de Moselle.

Que vont faire ces candidats maintenant? Doivent-ils démissionner? se demande France 3. Le conseil fédéral du PS du Bas-Rhin leur a demandé de siéger dans la nouvelle assemblée. Pernelle Richardot, qui avait pris la tête de la fronde, a accepté:

 

Mais d’autres avaient annoncé avant l’élection qu’ils démissionneraient à coup sûr s’ils étaient élus, comme Julien Vaillant, tête de liste en Meurthe-et-Moselle, et Thibaut Villemin, tête de liste de la Meuse, qui ont recueilli un nombre de voix suffisant pour décrocher un siège. Ils n’ont toujours pas communiqué leur décision.

Jean-Pierre Masseret a en tout cas laissé la porte ouverte, affirmant que c’était un choix «philosophique» que devait faire individuellement chaque ex-candidat et qu’il les accueillerait «volontiers» dans son futur groupe d’opposition. Reste que la décision de Pernelle Richardot de siéger a suscité des sarcasmes sur Twitter:

 

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