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Voilà d’où vient la passion japonaise pour la mousse

Repéré par Lorenzo Calligarot, mis à jour le 14.12.2015 à 12 h 49

Repéré sur The Conversation

Beaucoup de Japonais vouent un culte à cette plante déclinée sous forme de boisson ou d’élément décoratif.

De la mousse dans un temple bouddhiste zen situé dans la banlieue ouest de Kyōto | cometstarmoon via Wikimedia Commons License by

De la mousse dans un temple bouddhiste zen situé dans la banlieue ouest de Kyōto | cometstarmoon via Wikimedia Commons License by

Si pour vous la mousse est soit une plante invasive qui remplit vos séances de désherbage soit utile pour s’orienter en forêt sans plan ni boussole, sachez qu’elle fait l’objet de toutes les attentions de la part de certains Japonais, rapporte le site The Conversation. Elle se décline en boisson ou en élément décoratif (comme l’algue Marimo, qui a la forme d’une boule de mousse) et fait fureur auprès des amateurs. Pour preuve, en 2011, un livre consacré à la mousse, dont le titre Koke wa Tomodachi signifie «Mousses, mes chères amies», s’est vendu à plus de 40.000 exemplaires au pays du Soleil-Levant.

Le climat et l’humidité du pays favorisent grandement l’expansion de ce végétal. Résultat: le Japon, possède 2.500 variétés de mousses sur les 12.000 recensées à travers la planète et offre ainsi un large choix à ses adorateurs, qui peuvent les étudier ou les contempler à loisir. C’est ainsi que la plante s’est depuis longtemps enracinée dans la culture nipponne. Elle est présente dans de nombreux jardins et est même citée dans l’hymne national japonais, «Kimi ga yo»:

«Puisse votre règne

Durer mille ans, pour huit-mille générations,

Jusqu’à ce que les pierres

Deviennent roches

Recouvertes de mousse.»

Pour comprendre l’attrait japonais pour une plante qui n’est pas reconnue pour sa beauté, il faut sortir des codes occidentaux. En effet, la culture occidentale «essaye de dominer la nature, la japonaise tente de coexister avec elle», explique toujours The Conversation. En France par exemple, les jardins doivent être absolument symétriques, bien taillés et sans mauvaises herbes, à l’image des parcs conçus par André Le Nôtre. À l’inverse, les Japonais sont très respectueux de la nature, aiment l’imperfection et n’imaginent pas déraciner une plante aussi anodine que la mousse. Et il faut ajouter que, à l’instar du bonsaï, la mousse peut se cultiver chez soi. En outre, elle s’entretient très facilement, ne serait-ce que parce que, comme les cactus, elle n’a pas besoin de beaucoup d’eau pour pousser.

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