Le FN majoritaire dans une des 22 anciennes régions, le Languedoc-Roussillon

Deux autres régions, la Bourgogne et la Haute-Normandie, ne «partagent» pas la couleur politique de leur nouvelle grande région.

On se souvient que le redécoupage des régions opéré cette année a suscité d'âpres débats. Mais qu'auraient donné ces élections régionales des 6 et 13 décembre avec l'ancien découpage en 22 régions, plutôt que le nouveau découpage? Selon notre pointage, trois d'entre elles auraient changé de camp: le Languedoc-Roussillon, désormais associé à Midi-Pyrénées, a vu le FN arriver en tête du second tour; la Haute-Normandie, maintenant unie à la Basse-Normandie, voit la gauche sortir en tête; la Bourgogne, fusionnée avec la Franche-Comté, est majoritairement à droite.

S'il est un résultat qui retient l'attention, c'est bien évidemment celui de Languedoc-Roussillon. Louis Aliot (FN) y recueille 40,4% des voix, 4.000 voix de plus environ que Carole Delga (40,1%), loin devant Dominique Reynié (19,4%). Il recueille notamment près de 44% des voix dans les Pyrénées-Orientales, sa terre d'élection. On touche évidemment là aux limites de l'exercice de «simulation»: les partis politiques et les électeurs auraient probablement géré l'entre-deux-tours différemment si avait vraiment existé la possibilité d'une victoire FN dans cette région, là où Carole Delga partait assez nettement favorite dans l'ensemble de la région fusionnée; par ailleurs, la candidate PS est défavorisée dans cette région Languedoc-Roussillon par son implantation territoriale, puisqu'elle est élue de Haute-Garonne. Dans sa région Midi-Pyrénées, elle bat Louis Aliot de plus de vingt points (49% contre 28%).

Les deux autres régions qui «bougeraient» de camp le feraient elles à parité entre la gauche et la droite. En Bourgogne, François Sauvadet remporte 34,4% des voix contre 33,8% des voix pour Marie-Guite Dufay, qui a remporté l'ensemble de la région fusionnée. Là encore, on retombe sur le différentiel d'implantation locale, Marie-Guite Dufay étant la présidente sortante de la région Franche-Comté tandis que son adversaire est originaire de Bourgogne.

A l'inverse, en Haute-Normandie, le président sortant du conseil régional Nicolas Mayer-Rossignol recueille 37,2% des voix, contre 34,2% pour Hervé Morin, qui remporte la région fusionnée grâce à la Basse-Normandie... qui n'est pourtant pas la région dont il est originaire. Mais son département, l'Eure, est beaucoup moins peuplé que la Haute-Normandie, où Nicolas Mayer-Rossignol est élu.

Parmi les autres curiosités statistiques à retenir, la nette majorité absolue (plus de 56%) recueillie par l'UMP Philippe Richert dans la région dont il était le sortant, l'Alsace (où le PS tombe lui à à peine plus de 10%). A noter que six régions métropolitaines n'avaient pas été redécoupées: Bretagne, Centre-Val de Loire, Corse, Île-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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