Science & santé

Êtes-vous prêt à faire l'amour avec un robot?

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 13.12.2015 à 17 h 56

Repéré sur The Guardian

Michael Sullivan's "The Sex Lives of Robots" 3 - Museum of Sex. cometstarmoon via Flickr CC License by.

Michael Sullivan's "The Sex Lives of Robots" 3 - Museum of Sex. cometstarmoon via Flickr CC License by.

On les appelle les sexbots, ou robots sexuels, et ils nous annoncent un futur qui sera, disent les anglophones, teledildonic. La journaliste du Guardian Eva Wiseman est allée à la rencontre de ceux qui nous annoncent une société où nous ferons l'amour à des robots pour un fascinant article où elle interroge notamment David Levy, grand maître des échecs qui a créé le Congress on Love and Sex with Robots, et son collègue Adrian David Cheok. La manifestation, dont la deuxième édition devait se tenir en Malaisie et consistait en une série de conférences universitaires, a été interdite par les pudibondes autorités locales, qui ont estimé qu'il n'y avait «rien de scientifique dans le sexe et les robots».

En 2007, Levy avait écrit, dans un livre intitulé Love and Sex with Robots, qu'à terme «l'amour avec les robots serait aussi normal que l'amour avec les humains» et avait estimé que cela ferait «du monde un endroit beaucoup plus heureux car tous ces gens qui sont actuellement malheureux finiront par avoir quelqu'un». Eva Wiseman lui a posé une série de questions gênantes sur la fidélité, le consentement ou la question de savoir si ce genre de robots constituerait une solution «éthique» pour un homme qui désirerait avoir une relation avec un enfant: «Ma propre opinion est qu'un jour les robots seront programmés avec des connaissances psychanalytiques afin qu'ils puissent essayer de traiter les pédophiles», répond Levy.

L'article donne également la parole à la principale opposante de Levy, l'anthropologue Kathleen Richardson, qui dirige la Campaign Against Sex Robots. Selon elle, «les pédophiles, les violeurs, les personnes qui n'arrivent pas à nouer de relations humaines ont besoin d'une thérapie, pas de poupées». Elle a également estimé qu'une telle innovation allait plus globalement ruiner notre capacité d'empathie.

Le magazine Fusion a récemment fourni un résumé plutôt équilibré de cette controverse, sous le titre «N'interdisons pas tout de suite les robots sexuels». L'article fournit un panorama complet des arguments pour et contre et explique notamment que «la recherche sur l'impact social des robots sexuels est encore embryonnaire». Pour un aperçu de la recherche-développement sur le sujet, on peut aussi se reporter à cet article publié au printemps par Vanity Fair.

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