Culture

L'histoire de Luke Skywalker est celle d'une radicalisation terroriste

Temps de lecture : 2 min

Luke Skywalker dans «Le Retour du Jedi» (1983).
Luke Skywalker dans «Le Retour du Jedi» (1983).

Et si l'histoire de Luke Skywalker, dans la trilogie Star Wars, était celle d'une radicalisation terroriste? C'est l'hypothèse défendue par le site Decider, qui pointe les signes avant-coureurs qui auraient dû alerter le spectateur de La Guerre des étoiles: Luke vient d'une famille sans père, il n'a pas d'amis de son âge, cherche un groupe dans lequel il pourra donner du sens à sa vie et tombe sur un fanatique religieux (Obi-wan Kenobi) qui le convainc de quitter sa famille. Dans L'Empire contre-attaque, il étudie l'art de la guerre auprès d'un mollah (Yoda) avant d'apparaître, dans Le Retour du Jedi, plus sombre et plus grave, prêt à commettre des destructions d'ampleur (la barge de Jabba le Hutt, l'Etoile de la mort) quitte à y laisser la vie lui-même.

Le site libertarien Reason, qui relaie cette nouvelle théorie, en pointe évidemment le côté «ironique» mais estime qu'elle «constitue un rappel utile du fait que, malgré sa frivolité pop, Star Wars est une histoire intensément politique, qui emprunte explicitement à l'histoire diplomatique et au contexte politique spécifique durant laquelle elle a été élaborée». L'une de ses plus grandes influences est probablement la guerre du Vietnam, avec par exemple les Ewoks dans le rôle des Vietcongs.

La défense de l'Empire galactique est récurrente chez certains commentateurs conservateurs américains –récemment, c'est le journaliste Bill Kristol qui pointait son caractère «libéral». En 2002, Jonathan V. Last avait publié un «plaidoyer en faveur de L'Empire», pointant l'inefficacité de la République galactique, le caractère élitiste et arrogant des chevaliers Jedi, estimant au passage que l'Empire était «une dictature avec laquelle les gens pouvaient faire affaire» et la rébellion «un groupe pas très impressionnant d'aristocrates anarchistes qui dévastent la galaxie pour que la princesse Leia puisse récupérer sa tiare».

Plus récemment, c'est le Washington Post qui défendait la destruction par l'Empire de la planète Alderaan dans La Guerre des étoiles, estimant que, comme Hiroshima et Nagasaki pendant la Seconde Guerre mondiale, elle constituait une «cible militaire légitime» et que sa destruction pure et simple avait évité une occupation coûteuse qui aurait débouché sur la création d'une organisation terroriste appelée «Etat jedique». Sans oublier que, comme le soulignaient des personnages du film Clerks, des milliers de civils travaillant pour des entreprises de construction étaient probablement présents sur l'Étoile de la mort au moment de sa destruction par les Rebelles –faisant de ceux-ci des criminels de guerre.

Slate.fr

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