Monde

Nombre de mots, points de désaccord... Comment le texte de l’accord de la COP21 a évolué

Temps de lecture : 3 min

Pour comprendre à quel point les négociations étaient délicates, il suffit de se pencher sur quelques analyses chiffrées du projet.

Un participant de la COP21 dans une salle de conférence. REUTERS/Stéphane Mahé
Un participant de la COP21 dans une salle de conférence. REUTERS/Stéphane Mahé

C’est le texte que tout le monde attendait. Samedi 12 novembre, lors de la dernière journée de la COP21 à Paris, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a présenté le texte final de proposition d’accord aux 195 délégations présentes. Dans les minutes qui ont suivi sont intervention, les participants se sont rués vers les imprimantes pour récupérer le fameux texte, disponible depuis sur le site de la Conférence des parties.

Ils avaient ensuite quelques heures pour lire les 31 pages et 29 articles de ce texte et le valider à l’unanimité, ce qu’ils ont fait en milieu d’après-midi. Que le texte soit voté serait un vrai soulagement pour les organisateurs puisqu’il suffit qu’un simple ne conviennent pas à l’un des 195 délégués pour que tout tombe à l’eau.

C’est pour cela que, au-delà de la dernière version, il est très intéressant de regarder le détail des modifications effectuées depuis le début de la COP21 le 30 novembre dernier pour mieux comprendre comment s’est construit le consensus. Le site Parisaggrement.org a ainsi proposé un travail très intéressant pour suivre l’évolution du texte au fil des versions.

«Nous avons analysé les développements dans le texte de négociation et mis en ligne les versions les plus récentes de l’accord de Paris et les décisions de la COP qui l’accompagne», explique le site. Tout est parti de la première version, validée il y a quelques mois à Bonn. Lors de la COP21, chaque pays va alors annoter le texte, demander des modifications et négocier pour influencer la version finale. Au début il y avait donc un grand nombre de crochets et de mots puisque chacun tentait d’imposer ses propres arguments. «Nos analyses fournissent des indicateurs de progression à la COP jusqu’à l’accord final de Paris qui ne contient zéro parenthèse ou option», dit aussi Paris Agreement sur son site avant de proposer plusieurs graphiques pour mieux comprendre ces négociations.

Sur ce premier graphique, on peut voir que le nombre de mots était de 34.678 au départ et qu’il a progressivement chuté à 18.815 le 10 décembre et 16.984 dans sa version finale. Le texte est donc deux fois moins long qu’au départ, signe que les négociateurs ont réussi à s’accorder sur un nombre de points. Il est intéressant de noter que le nombre de parenthèses (qui soulignent les points de désaccord) a connu une hausse dans la première semaine des négociations, avant de progressivement diminuer au fil des versions et d’atteindre zéro dans le texte final. Passer de plus de 1.600 points de désaccord à zéro en dix jours relève de l’exploit quand on connaît le nombre de pays et d’intérêts impliqués.

Ici le graphique nous donne un aperçu très précis des points de litige les plus importants. En tête, la «mitigation climatique», c’est-à-dire les actions à mener pour lutter contre le réchauffement climatique d’origine humaine. L’autre point important concernait le financement de ces actions, mais les parties semblent être arrivées à un accord qui permettra de faire la différence entre les pays les plus pollueurs et les autres.

Il est aussi important de faire une distinction dans ce texte entre l’accord de Paris et la décision de la COP, le second étant là pour donner une valeur juridique au premier, comme l’indique une journaliste de Libération sur Twitter.

C’est pour cela que si l’on repère le nombre d’occurrence de chaque mot, comme l’a fait un journaliste sur Twitter, que les mots les plus utilisés sont très techniques: «paragraphes», «article», «accord»...

Slate.fr

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