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Si, si, le slacktivisme peut avoir un réel impact

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 10.12.2015 à 17 h 15

Repéré sur Quartz

Manifester depuis son canapé n'est peut-être pas si inutile ni contre-productif.

Woman at Occupy Wall Street | Timothy Krause via Flickr CC License by

Woman at Occupy Wall Street | Timothy Krause via Flickr CC License by

Le slacktivisme est régulièrement décrié pour sa supposée inutilité et sa façon de donner bonne conscience à des dizaines de personnes qui pourraient faire quelque chose de plus «constructif» à la place. Le slacktivisme, c’est cet activisme fainéant qui consiste à signer une pétition, relayer des événements sur les réseaux sociaux..., tranquillement, dans son canapé, le tout dans le but de changer le monde –ou en tout cas d’influer sur une situation.

Une nouvelle étude menée par deux chercheuses d’universités américaines qui se sont intéressées au mouvement Occupy, en 2011, aux États-Unis, et à ceux de 2013, au parc de Gezi, en Turquie, et qui est relayée par Quartz, assure que «ceux qui n’étaient pas directement impliqués dans les manifestations, ainsi que ceux qui ont juste retweeté un message une fois, ont créé des contenus virtuels, “à des niveaux comparables de ceux des participants du cœur de la manifestation”».

En fait, explique le site internet américain, «les chercheurs ont découvert que le pouvoir de ce “slacktivisme” réside dans le nombre d’utilisateurs impliqués dans ces causes en ligne. L’effet de réseau créé par cet engagement a rendu les actions de quelques manifestants actifs visibles aux yeux de millions de personnes, partout dans le monde».

Médiatisation

Cela va donc à l’inverse de ce qu’avançait le chercheur Evgeny Morozov, en 2009 –soit deux et quatre ans avant les deux évènements analysés– mais aussi plus loin que l’analyse qu’en avait faite Nicholas Kristof dans le New York Times en septembre:

«Envisagez le slacktivisme comme un produit de substitution. Il expose des causes aux gens et parfois il les rend accros. Et même si cela ne résout pas toujours les problèmes, cela a tendance à faire prendre conscience aux gens de l’existence de ces crises –un pas nécessaire, mais pas suffisant, pour les résoudre. Dans n’importe quel cas, le slacktivisme est préférable à l’inaction. [...] Arrêtez de lever les yeux au ciel. Longue vie au slacktivisme!»

Comme l’indiquait l’Unicef dans sa campagne vidéo, en 2013, il est fort probable que le slacktivisme ne sauvera aucune vie directement mais, au vu des résultats de l’étude, il peut aider à faire connaître cette cause et la médiatiser. Quartz rappelle par ailleurs qu’une autre étude publiée en 2012 indiquait que «ceux qui soutenaient ces mouvements en ligne, avait plus de chance de s’impliquer dans de l’activisme dans “la vraie vie”».

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