Sports

Des groupes forts en thèmes pour l'Euro 2016

Camille Belsoeur et Grégor Brandy et Christophe-Cécil Garnier, mis à jour le 12.12.2015 à 7 h 37

Pour l'Euro en France, un groupe de gros buveurs peut sortir des boules comme un autre qui nous rappellera la Première Guerre mondiale.

Le trophée Henri Delaunay, donné au vainqueur du Championnat d'Europe, lors du tirage au sort des matchs de barrage, le 18 octobre 2015. REUTERS/Denis Balibouse

Le trophée Henri Delaunay, donné au vainqueur du Championnat d'Europe, lors du tirage au sort des matchs de barrage, le 18 octobre 2015. REUTERS/Denis Balibouse

Après la fin des phases de qualification et les barrages, l'Euro 2016 va réellement débuter ce samedi 12 décembre. Quelques anciens joueurs qui ont marqué la compétition, comme David Trezeguet (auteur du but en or en 2000 face à l'Italie en finale), mais pas Michel Platini, seront présents lors du tirage au sort qui va définir les groupes de la phase finale. 

Pour ce nouveau championnat d'Europe des nations, quelques modifications ont été apportées. L'Euro 2016 va voir vingt-quatre équipes s'affronter, avec quelques pays qu'on découvre ou d'autres qu'on avait un peu oubliés. L'occasion d'imaginer une série de onze groupes thématiques, en lien avec l'actualité, l'histoire, l'économie ou (un peu) le sport. Des groupes «crédibles», créés en fonction des équipes placées dans les quatre chapeaux établis par l'UEFA, l'instance organisatrice de la compétition.

1.«J'ai bien fait de prendre allemand LV2»
Allemagne-Suisse-Pologne-Turquie

Un groupe qui risque de provoquer de nombreux cris et insultes dans la langue de Goethe. Après tout, l'Allemagne a toujours été la première destination des Polonais en Europe. C'est également un pays où la diaspora turque est des plus importantes, comme en témoigne Mesut Özil.

 

2.«Géopolitiquement, ça risque de poser problème»Russie, Turquie, Pologne, Allemagne

Imaginez: une tribune officielle qui accueillerait côte à côte Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan! Pour l'instant, les deux hommes ne veulent même pas se rencontrer lors de la COP21, à la suite de l'incident diplomatique lié à la destruction du chasseur-bombardier russe près de la frontière syrienne. Alors, si vous ajoutez à cela les dirigeants de la Pologne –en froid avec la Russie depuis que l'ambassadeur du pays à Varsovie a déclaré que le pays était en partie responsable de la Seconde Guerre mondiale– et l'Allemagne –qui avait condamné les répressions des citoyens turques sur la place Taksim et s'est souvent opposée à l'adhésion turque à l'Union européenne–, c'est clair qu'il va y avoir des tensions... 

 

3.«La Triple Alliance, c'est pas Neymar-Messi-Suarez?»
Allemagne, Autriche, Hongrie, Turquie

Sortez vos cahiers d'histoire! Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté en 1914, l'Europe se divisait entre la «Triple Entente» –composée de la Russie, du Royaume-Uni et de la France– et la «Triple Alliance», qui était formée de l'Allemagne et de l'Empire austro-hongrois (l'Italie en faisait partie mais ne s'est engagée dans le conflit qu'en 1915, sous la bannière de l'Entente). Les deux pays sont ensuite rejoints par l'Empire Ottoman. Une bonne occasion de commémorer le centenaire de la «Grande Guerre»

 

4.«Le rugby, c’était pas en octobre?»
France, Italie, Roumanie, Irlande

Le tirage qui rappellerait aux fans du XV de France (presque) des bons souvenirs. Ceux des victoires contre l'Italie (32-10) et la Roumanie (38-11). Presque seulement, puisque l'Irlande ne réussit pas aux Bleus ces dernières années avec un ballon ovale –avec un ballon rond un peu plus, mais pas toujours dans la sérénité, la main de Thierry Henry s'en souvient. Avec de telles similitudes, il faut juste éviter de rencontrer la Nouvelle-Zélande au tour suivant.

 

5.«Si on s'en va, nos voisins ne vont pas en profiter ?»
Belgique, Ukraine, Pologne, Irlande

Ressortez (encore) vos livres d'histoire. En 1914, histoire de se frayer un petit chemin vers la France, l'armée allemande passe par la Belgique avant de se lancer dans une guerre de tranchées. Un peu moins de trente ans plus tard, surprise, l'Allemagne de Hitler passe directement par les Ardennes, mais n'oubliera pas d'occuper la Belgique. L'Ukraine a récemment connu quelques problèmes avec la Russie, qui aimerait bien récupérer certaines parties du pays. Les Polonais ont connu les mêmes problèmes que la Belgique avec l'Allemagne. Quant à l'Irlande, elle a souffert de la présence des soldats britanniques sur son sol.

 

6.«Patron, la petite sœur!»
Angleterre, Russie, Pologne, Irlande

Un groupe qui sent bon l'élimination dès les huitièmes de finale aussi, mais on est à peu près certain que les supporters sauront se consoler dans la bière, la vodka et l'Irish coffee.

 

7.«C'est bien pratique l'euro, quand même»Belgique, Italie, Suède, Irlande

Le seul groupe où l'arbitre pourra effectuer le rituel du lancer de pièce précédant le coup d'envoi sans problème de change. Un vrai fléau dans le football moderne.

 

8.«Le soviétisme n'est pas mort»
Allemagne, Russie, Roumanie, Albanie

Evidemment, les joueurs de ces équipes ne rivaliseront pas sur le plan physique avec leurs prédécesseurs, qui bénéficiaient des programmes de pointe des médecins de la RDA ou de l'URSS. Mais avec un peu de chance, on aura le droit à une photo géante de Ceausescu en tribune.

 

9.«Welcome refugees»
Allemagne, Autriche, Suède, Turquie

Pour avoir ouvert ses portes à des centaines de milliers de réfugiés en pleine crise migratoire européenne, l'Allemagne mérite clairement son statut de tête de série dans cet Euro. Parmi les meilleurs élèves, la Suède, qui est après l'Allemagne le pays qui accueille le plus de réfugiés syriens, méritait clairement mieux que le troisième pot pour ce tirage au sort. Mais l'Autriche n'a pas démérité en acceptant des milliers de demandeurs d'asile. Quant à la Turquie, près de 2 millions de réfugiés issus du Moyen-Orient ont trouvé abri dans le pays, qui est cependant critiqué pour sa gestion de la frontière syrienne et son laxisme sur les côtes de la mer Egée, d'ou partent de nombreux bateaux clandestins vers la Grèce.

 

10.«Avant on était une grande puissance, mais ça, c’était avant»
Espagne, Autriche, Hongrie, Turquie

Sur le plan politique, OK, l'empire ottoman, l'empire austro-hongrois ou Christophe Colomb, c'est OVER. Même si la Turquie n'a pas peur de descendre des avions russes pour se faire à nouveau un nom sur l'échiquier mondial. En revanche, question football, l'Espagne est bien le nouveau maître européen après avoir remporté les deux derniers tournois. Le FC Madrid (mélange des joueurs du Barça et du Real) occupe la tête du palmarès –en compagnie de l'Allemagne– avec trois trophées.

 

11.«Gheorghe Hagi? Oui, c'est mon idole»
Espagne, Italie, Roumanie, Turquie

Le Maradona des Carpates a évolué dans les championnats espagnol (Real Madrid et Barcelone), italien (Brescia), turc (Galatasaray) et bien évidemment roumain (notamment au Steaua Bucarest). Avec la sélection roumaine, il avait atteint les quarts de finale de la Coupe du monde 1994 (éliminé par la Suède aux tirs au but) et les quarts de finale de l'Euro 2000, où il avait été sorti par l'Italie (2-0).

Camille Belsoeur
Camille Belsoeur (133 articles)
Journaliste
Grégor Brandy
Grégor Brandy (439 articles)
Journaliste
Christophe-Cécil Garnier
Christophe-Cécil Garnier (63 articles)
Journaliste à Slate.fr
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte