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L'armée américaine crée une nouvelle division spécialisée en cyberguerre

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 10.12.2015 à 18 h 51

Repéré sur Politico

On ne sait pas quelles sont les cyber-armes dont disposent les États-Unis, juste que le Pentagone déploie une cyberstratégie.

Weapons director | Hugh Nelson via Flickr CC License by

Weapons director | Hugh Nelson via Flickr CC License by

Les capacités de cyberguerre de l’armée américaine sont en pleine expansion. En octobre 2013, le Pentagone a mis sur pied deux équipes d’experts techniques spécialisés en cyberguerre. Un an plus tard, il y avait dix équipes de ce genre, et il y en a maintenant trente-deux. En 2014, le chef de l’armée a inauguré une nouvelle division dédiée à la cyberguerre, soit la première nouvelle division créée par l’armée depuis les Forces spéciales en 1987.

Comme l’explique un article de Politico, la cyberstratégie du Pentagone reste pour l’instant en grande partie secrète. Pour son enquête, le journaliste Danny Vink a tenté de savoir de quelles cyber-armes disposait son pays mais il n’a pas pu obtenir de réponses précises:

«Les cyber-armes sont entourées de mystère, un peu comme aux débuts du programme nucléaire américain, il y a beaucoup de curiosité mais très peu d’information publique. Ce secret fait partie du concept: une cyber-attaque n’est utile que si l’ennemi n’est pas au courant. Plus le gouvernement révèle ce qu’il y a dans son arsenal, plus nos adversaires peuvent se protéger.»

À quand une cyberconvention?

Dans la cyberguerre, la frontière entre mission d’espionnage et acte militaire est très floue. Dans le cas du virus Stuxnet, qui a contaminé des ordinateurs iraniens, il est désormais reconnu qu’il s’agissait d’une création américano-israélienne, mais le gouvernement peut éviter d’en assumer la responsabilité en le classifiant comme une opération de renseignements plutôt qu’une mission militaire.

De nombreux experts et personnalités politiques considèrent que, comme pour la guerre conventionnelle, la cyberguerre devrait être encadrée par des règles. Cet automne, plusieurs officiels du Pentagone et des représentants au Congrès américain ont demandé la création d’une cyberconvention, une sorte de Convention de Genève pour la cyberguerre. «Il est temps pour la communauté internationale de mettre sur place une série de règles internationales pour la cyberguerre: une convention de E-nève», ont-il écrit dans une lettre au secrétaire d’État John Kerry.

Pour Jim Himes, un représentant membre du comité du Congrès sur les renseignements et la cybersécurité, un des problèmes est qu’on ne sait pas ce qui constitue un acte de cyberguerre:

«Si l’Iran fait fondre un serveur d’un fournisseur d’électricité en Floride, c’est 5.000 dollars de dommages. C’est un crime. Mais s’ils détruisent plusieurs serveurs, qu’un réseau est déstabilisé et si des gens meurent? Alors j’ai l’impression que c’est un acte de guerre. Mais ces frontières ne sont pas clairement délimitées. Notre réponse doit-elle être une enquête du FBI et une démarche diplomatique? ou des cyber-représailles? ou des représailles militaires? Nous ne savons pas. Et je pense que c’est un vrai problème.»

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