Monde

C’est quasi-automatique: le terrorisme fait monter l’extrême droite

Repéré par Aude Lorriaux, mis à jour le 09.12.2015 à 11 h 25

Repéré sur Slate.com

Partout dans le monde, les électeurs qui se sentent attaqués ont tendance ensuite à être plus attentifs aux réponses les plus agressives.

Un militaire français le 16 novembre. Crédit: REUTERS/ Stephane Mahe

Un militaire français le 16 novembre. Crédit: REUTERS/ Stephane Mahe

C’est sans doute une erreur, si l’on en croit les spécialistes du djihadisme et du terrorisme, et pourtant c’est mathématique. Partout dans le monde, les attaques terroristes font voter à l’extrême droite, ou en faveur d’une droite dure, prônant des solutions sécuritaires ou militaires, remarque Joshua Keating, journaliste pour Slate.com. Elles n’incitent pas à apporter une réponse économique et sociale, mais à choisir une réponse répressive, instinctive, proche de celle du corps qui frappe en retour lorsqu’il est frappé, pour des raisons qui sont aussi cognitives.

Pour montrer cet automatisme, Slate.com donne plusieurs exemples. En Israël, une étude de 2008 a montré qu’une attaque terroriste se produisant dans les trois mois précédant une élection causait une augmentation de 1,35 points en faveur de la droite conservatrice. Aux États-Unis, les élections de mi-mandat sont depuis des décennies marquées par l’alternance. Or, les élections qui ont suivi le 11 septembre ont vu pour la première fois la majorité au pouvoir, celle de George W. Bush, l'emporter. 

Politique pulsion

On sait aussi que le président russe Vladimir Poutine, qui était auparavant le chef des services de renseignements, doit en grande partie son élection en 2000 aux attentats de 1999 qui ont fait plusieurs centaines de morts, à la suite desquels il a lancé la seconde guerre de Tchétchénie. En Turquie, le président Erdogan a remporté les dernières élections législatives après une série d’attentats perpétrés par l’État islamique. Et aux États-Unis Donald Trump a gagné des voix après les événements du 13 novembre, en promettant de bombarder Daech.

«Quand un danger est perçu, les électeurs aiment les candidats qui désignent clairement l’ennemi et renvoient une image d’agressivité et de force», conclut Joshua Keating. 

La politique est aussi faite de pulsions.

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