Histoire

En 1914, on se rendait en cinq jours de Londres aux Açores

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 09.12.2015 à 11 h 58

Repéré sur Intelligent Life

Un cartographe d’Édimbourg a publié en 1914 une carte détaillant la durée des voyages, des plus grands aux plus petits.

Magma Arizona | Manny Marko via Flickr CC License by

Magma Arizona | Manny Marko via Flickr CC License by

John G. Bartholomew était l’héritier d’une longue tradition familiale: la cartographie. L’Écossais était lui-même le cartographe officiel du roi George V. Comme il était aussi un homme plein de fantaisie, il a fait paraître en 1914 un Atlas de la géographie économique, comme le relève Intelligent Life, un blog hébergé par le site de The Economist

Le concept de l’ouvrage est sophistiqué: le livre présente de nombreux planisphères, chacun d’entre eux étant consacré à un thème. Visiblement rédigées à l’attention des commerçants et des courtiers au moins autant qu’aux curieux ou voyageurs, ces cartes apportent des renseignements pratiques. Où, dans le monde, pourra-t-on trouver du caoutchouc ou du riz? De quelle langue doit-on être familier pour vendre et acheter ici ou là? Ce sont quelques-unes des questions abordées par l’Atlas. 

Mais si Intelligent Life invoque le souvenir de ce grimoire, c’est pour une autre illustration: la carte isochrone (visible ici) des durées des trajets depuis Londres vers n’importe quel point du globe en 1914.

Même intervalle de temps

L’isochronisme est le principe de réunir dans un même ensemble des points épars suivant qu’ils relèvent de la même valeur. Pour le dire plus clairement dans le cas qui nous occupe, la carte est isochrone car elle place dans une même plage de couleur des régions du monde différentes du moment qu’elles sont atteignables dans le même intervalle de temps par le voyageur de 1914 parti de Londres.

Ce planisphère nous apprend donc qu’en l’espace de cinq jours le pèlerin ou touriste pouvait atteindre à l’ouest les abords de Terre-Neuve, au large du Canada, à l’est la ville sibérienne de Perm, ou l’archipel des Açores au sud. En dix jours, on pouvait rêver de voir le Midwest américain, la côte sénégalaise, ou les confins de la Sibérie. On mettait entre dix et vingt jours pour rallier la Mandchourie en Extrême-Orient ou Hawaï depuis la capitale britannique. 

En revanche, l’aventurier désireux de s’enfoncer en Mongolie, au sud du Sahara ou en Amazonie devait compter plus de quarante jours. Un point qui peut paraître curieux tant ces zones sont plus proches de Londres que les précédentes contrées indiquées. La raison de cet isolement est pourtant simple: la carte est fondée sur les chemins fer et les voies de navigation de l’époque. 

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