Monde

Donald Trump ne fait plus rire l'Amérique

Temps de lecture : 2 min

Le candidat républicain n'est plus un sujet de blague mais d'inquiétude.

Donald Trump lors d’un meeting à Birmingham en Alabama le 21 novembre 2015 | REUTERS/Marvin Gentry
Donald Trump lors d’un meeting à Birmingham en Alabama le 21 novembre 2015 | REUTERS/Marvin Gentry

Pendant un temps, Donald Trump était l’attraction la plus marrante de cette campagne présidentielle américaine. Le milliardaire, candidat à la primaire républicaine, semblait être l’incarnation d’un excellent sketch de Jon Stewart ou de Stephen Colbert sur les primaires américaines. En juillet, le Huffington Post avait d’ailleurs annoncé qu’il classerait tous ses articles sur Trump dans la section divertissement. Le problème, c’est qu’aujourd’hui Trump est toujours en tête des sondages –même si cela ne veut pas forcément dire grand-chose si loin de la fin de de la primaire républicaine– et que la blague ne fait plus rire personne.

Lundi 7 décembre, Donald Trump a purement et simplement demandé «l’arrêt total et complet de l’arrivée de musulmans aux Etats-Unis». Comme le rappelle Le Monde, Trump n’en est pas à son coup d’essai:

«Après les attentats du 13 novembre en France, il avait déjà créé la polémique en évoquant la fermeture de mosquées et le fichage des musulmans. Il avait aussi assuré contre toute évidence se souvenir de musulmans célébrant les attentats du 11-Septembre dans l’État voisin du New Jersey.»

Il y a quelques semaines, nous rappelions que Donald Trump tapait «à tout-va sur les arabes, les noirs et les étrangers». Et, du côté des médias américains, il semble que, trop, c’est trop.

Trop, c’est trop

Sur le Huffington Post, Arianna Huffington explique qu’elle en a marre:

«Bien sûr, Trump n’est pas le seul candidat à balancer de tels messages irresponsables, mais il est dans une situation unique de couverture médiatique qu’il provoque et qui va de “Meet the Press” au “Saturday Night Live. En n’appelant pas la campagne de Trump par ce qu’elle est, beaucoup dans les médias, accros aux audiences générées par ses actes et paroles, ont légitimé ses opinions immondes.

Comme on a pu le voir dans la course républicaine jusque-là, les pires commentaires de Trump ne sont pas prononcés dans le vide –et ont des répercussions. Ils affectent la teneur des conversations, faisant constamment bouger la ligne entre ce qui est considéré comme acceptable et ce qui ne l’est pas.»

Et elle n’est pas la seule. À peu près tout le monde a condamné les propos de Trump, parmi la classe politique. Avant même ses dernières déclarations, le Daily Beast l’avait comparé à une figure que l’on connaît bien: la famille Le Pen. Et le site américain n’est pas le seul à oser la comparaison. Pour le New Yorker, «Donald Trump est le Marine Le Pen américain»:

«Comme la France, les États-Unis sont à un moment-clé de leur histoire. Et, que Dieu nous vienne en aide, Trump est au milieu de tout cela.»

Newsletters

«La petite fille brûlée au napalm» a reçu son dernier soin, cinquante ans après la célèbre photographie

«La petite fille brûlée au napalm» a reçu son dernier soin, cinquante ans après la célèbre photographie

Symbole de la guerre du Vietnam, Kim Phuc se définit aujourd'hui comme «une survivante qui appelle à la paix».

Mon Europe à moi: «Je souhaite que l'UE ait plus de poids en matière de diplomatie»

Mon Europe à moi: «Je souhaite que l'UE ait plus de poids en matière de diplomatie»

L'Union européenne a beau avoir un haut représentant aux affaires étrangères, elle reste peu audible sur la scène internationale.

Mon Europe à moi: «Il faut que l'UE tape du poing sur la table pour défendre la liberté de la presse»

Mon Europe à moi: «Il faut que l'UE tape du poing sur la table pour défendre la liberté de la presse»

Le journalisme indépendant et le pluralisme des médias sont menacés dans de nombreux pays de l'Union européenne. Pourtant, celle-ci semble impuissante. Jusqu'à quand?

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio