Fillon et le stock de prisonniers
Extraits d'une dépêche de The Associated Press (AP) (02/10/2009. 12:33 - 361 mots) concernant les annonces que venait de faire à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) le Premier ministre François Fillon concernant les futures mesures gouvernementales qui permettront «d'être plus efficace» pour prévenir les récidives criminelles; un Premier ministre qui a précisé ne s'interdire «aucune réflexion» après le meurtre d'une joggeuse avoué par un récidiviste dans l'Essonne.
L'AP: «Dénonçant un "crime absolument odieux qui aurait pu", selon lui, "être évité" par "un meilleur accompagnement" du suspect, M. Fillon a expliqué (...) que l'ensemble du gouvernement était "en train de préparer (...) des décisions qui seront le cas échéant proposées au vote du Parlement». Ces mesures «permettront d'aller plus loin et d'être plus efficace pour prévenir que de telles situations ne se reproduisent. Nous ne nous interdisons aucune réflexion, sur aucun sujet», a-t-il ajouté. Jeudi, Nicolas Sarkozy a dit souhaiter «une véritable réforme de la psychiatrie criminelle», précisant que le prochain projet de loi sur la «récidive criminelle» sera «examiné en priorité par le Parlement avant la fin du mois d'octobre».
L'AP encore: «En référence à la rétention de sûreté, le Premier ministre a rappelé que son gouvernement "avait déjà agi dans ce sens, avec le vote d'un certain nombre de dispositions législatives qui permettent désormais de mieux suivre les personnes à la sortie de prison".»
L'AP toujours: «Mais le Conseil constitutionnel, pour des raisons juridiques, a estimé que ces mesures ne pouvaient pas s'appliquer au stock (sic) (1) de prisonniers qui étaient en train de purger leur peine. Cette décision a comme conséquence qu'on n'a pas pu traiter un grand nombre de ces personnes», a déploré le chef du gouvernement.»La loi sur la rétention de sûreté promulguée en février dernier institue des centres pour accueillir les détenus condamnés à 15 ans et plus et ayant purgé leur peine mais qui sont toujours considérés comme dangereux. Le Conseil constitutionnel avait partiellement censuré le texte pour interdire qu'il s'applique aux détenus déjà condamnés, au nom du principe de non-rétroactivité de la loi. «Le vrai sujet, c'est comment, dans le respect de la personne, dans le respect des lois de la République, nous pouvons faire en sorte qu'une situation comme celle-là ne se reproduise pas, car il est insupportable de voir une femme mourir dans ces conditions alors qu'on a le sentiment qu'on avait la possibilité de l'éviter», a-t-il conclu. »
(1) Le « sic » est de l'AP
JYN
Mis à jour le 02/10/2009 à 19h23

























Il s'agit là, bien entendu, d'une faute non seulement "coupable" d'une ignorance insondable (les descendants des "Stücke" apprécieront), mais encore d'une de celles qui devrait valoir sans un jour à son auteur une mise au pas. Si seulement le président avait un peu de cette oreille là des langues étrangères, mais non, et ce n'est pas sa faute, de l'allemand, il n'a que la vocation du berger. Car que nous dit le premier Ministre François Fillon, par l'intermédiaire ici des micros d'une agence de presse indépendante, sinon que le vrai sujet de sa préoccupation, c'est de détourner le sens des institutions, une fois de plus, au profit de sa gestion d'un intérim interminable de casseroles cacophoniques et de mesures plus contradictoires les unes que les autres. Si le Conseil constitutionnel gêne la réforme, mais Monsieur, il faut le réformer! Le supprimer, pourquoi pas? On ne ne s'interdit aucune piste de réflexion? Eh bien, assumons la logique pleine et entière de notre dérive autocratique, et supprimons, supprimons ce qui se peut supprimer, le stock est vaste, il y a l'embarras du choix!
Mais enfin assez d'emportement pour finir, nous autres artistes n'avons cure voyez-vous, tant il parait que nous nous en fichons, du politique, et à juste titre - notre objet ne saurait être le bas de ce trivial monde social. Reste le silence assourdissant de l'opposition, les jeux du week end, et le pain noir de cette époque où oui, résolument, il faut laisser s'excuser eux-mêmes les "beaufs de la république" et leur tâcherons, car tout est tellement possible, qu'on ne saurait être à plus rien près.