France

Troisième, le Parti socialiste fait des maths pour ne pas calculer sa défaite

Christophe-Cécil Garnier, mis à jour le 07.12.2015 à 2 h 47

Les divers représentants du PS soulignent que l'addition des forces de gauche leur permet de rester «premier parti de France».

Le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis après le premier tour des élections régionales. MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis après le premier tour des élections régionales. MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

Après le score historique du Front national au premier tour des élections régionales, les tractations commencent en prévision du second tour. Le Parti socialiste et ses alliés sont arrivés en troisième position avec un score entre 22,6 à 24%, selon les estimations. Pourtant, à entendre et lire les discours des différents dirigeants de la gauche lors de cette soirée électorale, cette troisième place ne semble pas être un problème.

«J'ai regardé l'ensemble des résultats consolidés ce qui fait le rapport de forces entre la gauche, la droite et l'extrême droite. Si je regarde ce rapport de force, le total de la gauche, qu'on disait en difficulté, doit dépasser les 36% et en fait le premier parti de France», a déclaré juste après les résultats le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll sur TF1. Selon les estimations, le Front national a récolté entre 27,2% et 30,6% au premier tour, alors que le bloc entre le parti Les Républicains, le Modem et l'UDI sont entre 27 et 27,4%.

Pourtant, Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, a adopté la même position que son homologue du gouvernement en déclarant sur France 2 que «le bloc de gauche est souvent en situation d'être en tête dans ces régions. En tout cas de faire front». À l'échelle nationale, les partis du Front de Gauche, d'Europe-Écologie Les Verts et Nouvelle donne ont récolté environ 10,3% au total.

«Le total gauche laisse espérer de nombreuses victoires»

Un à un, les différents membres du Parti socialiste ont commencé à sortir les calculatrices. Sur les scores nationaux, avec le député Bruno Le Roux, mais aussi sur les situations régionales. 

Benoît Hamon ou Claude Bartolone ont martelé que le total des voix de la gauche était à 40% alors que le score du candidat socialiste se trouvait initialement aux alentours de 25%. Lors de son allocution, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste, a affirmé sur un ton monotone que «le total gauche laisse espérer de nombreuses victoires».

Alors qu'il a également annoncé le retrait des listes des candidats socialistes en Nord-Pas-de-Calais et en Provence-Alpes-Côte-d'Azur (même si le candidat PS Christophe Castaner avait appelé dans un premier temps «l'ensemble des forces de gauche, démocrates et écologistes» à le rejoindre), Jean-Christophe Cambadélis a réclamé un «rassemblement». «C'est un acte fort. La gauche quand elle est unie est la première force de France». Avant de conclure de façon grandiloquente:

«Peuple de gauche, une fois de plus, la République dépend de vous. Mobilisons-nous, groupons-nous, le combat sera long et difficile, quelle que soit votre opinion, je vous appelle à vous rassembler dans la défense des valeurs qui font notre République.»

Une union voulue au PS par référendum

Face aux résultats, on comprend la volonté affirmée depuis des semaines par le PS de ne pas partir isolés, malgré les résistances de ses alliés. Le parti avait même organisé un référendum sur le sujet. Jean-Vincent Placé, ancien homme fort d'EELV, a souligné qu'une alliance avant le premier tour aurait permis d'être «en tête quasiment partout»

Une telle situation aurait également permis de mettre la pression sur le parti Les Républicains, presque toujours en deuxième position dans les régions où le Front national est arrivé en tête. Dès le début de la soirée électorale, la journaliste de Libération Laure Bretton affirmait que le PS avait demandé à ses candidats de ne pas répondre aux questions portant sur le désistement et d'insister plutôt «sur la grille de lecture total des voix de gauche».

Victoire à venir en Ile-de-France?

Une stratégie directement mise en place par Claude Bartolone notamment. Le président de l'Assemblée Nationale et candidat du Parti socialiste en Île-de-France s'est «réjoui» sur Itélé «de la perspective de l'emporter avec l'union de la gauche». Lorsqu'une des journalistes lui a demandé si la division avec Emmanuelle Cosse, qui s'est également présenté et a récolé 7,9% des suffrages, Claude Bartolone a expliqué que ces divisions étaient désormais «derrière [eux]»

Rien n'est gagné cependant pour le Parti socialiste. Sur Europe 1, Clémentine Autain, membre du Front de Gauche, a déclaré que les résultats sont «un désastre qu'il faut d'abord imputer à la politique gouvernementale». 

Christophe-Cécil Garnier
Christophe-Cécil Garnier (63 articles)
Journaliste à Slate.fr
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte