Parents & enfantsDouble X

Les pères prennent plus facilement un congé paternité s'ils ont un garçon

Repéré par Nadia Daam, mis à jour le 05.12.2015 à 18 h 44

Repéré sur Quartz

Les parents estiment que les hommes savent mieux s’y prendre avec leur enfant si le bébé est de leur sexe.

Un père et son fils | Jon DeJong via Flickr CC License by

Un père et son fils | Jon DeJong via Flickr CC License by

L’étude fait l’effet d’un ascenceur émotionnel. L’université de Santa Barbara a analysé les effets de la loi californienne de 2004 permettant de prendre un congé parental rémunéré et les résultats sont plutôt réjouissants. La mesure a en effet encouragé les pères à faire une pause pour s’occuper de leur nouveau-nés: ils sont 46% de plus qu’avant la loi à faire le choix de quitter momentanément leur emploi à l’arrivée d’un bébé.

Rappelons d’ailleurs que, comme le soulignait Barack Obama lui-même, les Américains sont les seuls citoyens, parmi les populations de grands pays industrialisés, à ne pas disposer de congé parental obligatoire et rémunéré. Seuls trois États américains ont légiféré dans ce domaine et moins d’une entreprise américaine sur six propose spontanément aux hommes et aux femmes de faire une pause à la naissance de leur enfant.

La Californie peut donc faire figure d’exemple à suivre. Le hic, c’est que la même étude a révélé une donnée pour le moins crispante. Les chercheurs ont en effet observé que les pères sont plus enclins à prendre ce fameux congé si leur nouveau-né est un garçon. Le fait d’avoir un petit garçon augmenterait de 50% les chances qu’un homme prenne ce congé. Par ailleurs, note l’étude, les couples sont 58% plus nombreux à prendre un congé parental pour s’occuper d’un garçon depuis la nouvelle loi mais 0% de plus s’il s’agit d’une petite fille.

Relation privilégiée

C’est ce que rapporte le site Quartz, qui tente d’élucider les raisons du phénomène en interrogeant Maya Rossin-Slater, qui a dirigé l’étude:

«D’abord, il se peut que les pères se sentent plus utiles s’ils sont auprès d’un petit garçon que d’une petite fille. Et que les couples aient le sentiment que le temps passé par un papa avec son petit garçon a plus d’effet que celui passé auprès d’une fillette.»

Autrement dit, et si on comprend bien l’analyse qui est faite, les parents estiment que les hommes savent mieux s’y prendre si le bébé est de leur sexe. Une approche qui semble obéir à l’idée, toujours ancrée dans l’imaginaire collectif, qui veut que les pères ont des relations privilégiées avec les petits garçons parce que ces derniers leur sont moins étrangers et exotiques. Et qu’une mère, au nom du sacro-saint «instinct maternel», sait y faire quel que soit le sexe du bébé, parce que les mamans auraient un sens inné du soin à apporter aux bébés.

L’étude conclut egalement que les hommes sont généralement plus enclins à prendre un congé s’ils travaillent dans une entreprise majoritairement féminine. Les femmes prenant un congé maternité auraient pour effet de banaliser la démarche et de la rendre «socialement plus acceptable». C’est pour cela, relève Quartz, que «Mark Zuckerberg a été bien inspiré d’insister autant sur le fait qu’il s’accordait un long congé pour la naissance de sa fille: il montre le chemin à ses employés qui pourront alors se dire que c’est ok s’ils s’accordent une petite pause». Reste qu’au-delà du congé maternité ou paternité, et comme l’écrivait Slate, les femmes resteront largement pénalisées par le fait d’avoir des enfants tandis que les hommes, eux, peuvent même en tirer des bénéfices professionnels.

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