Monde

La politique familiale de Daech est entièrement tournée vers le djihad

Repéré par Robin Verner, mis à jour le 04.12.2015 à 15 h 01

Repéré sur Le Parisien, PBS, Daily Mail, Radio Free Europe

L'État islamique endoctrine les enfants dès leur plus jeune âge avec le soutien actif de leurs parents.

Capture d'écran d'une vidéo de l'EI (Image de propagande)

Capture d'écran d'une vidéo de l'EI (Image de propagande)

Dans le bestiaire promu par l’État islamique dans ses diverses communications, les «lions» (surnom que le prétendu califat donne à ses soldats et terroristes) ne vont pas sans leurs «lionceaux». Les enfants sont au centre de l’attention de l’EI. Le Parisien publie un aperçu de leur importance pour le régime salafiste. Le quotidien évoque ainsi les «couveuses» de Daech. Qu’ils soient nés sur les terres tenues par l’EI ou aient suivi leurs parents venus grossir les rangs de l’organisation depuis l’étranger, tous sont endoctrinés dès le plus jeune âge dans des écoles coraniques ou «des centres de loisirs» où on leur apprend à haïr l’Occident et ses valeurs, ainsi qu'à tuer. Il s’agit de façonner «la pureté» religieuse des futurs sujets de l’EI et de préparer à la guerre les prochaines troupes.

Dans cet extrait de l’émission Frontline de PBS, les reporters ont suivi les cours imposés à de jeunes élèves afghans par la branche locale de l’EI. Là-bas, il faut oublier la géographie ou l’éducation civique. On étudie (sommairement) le concept de «djihad» et le maniement des armes.

 

Maternité et culture du veuvage

Auprès de ses enfants-soldats, les femmes bien sûr ont un rôle important, comme le souligne la chercheuse Audrey Alexander de l’université George Washington au micro de PBS. Les étrangères (qui constitueraient 10 à 15% des effectifs complets de l’EI selon la scientifique) sont mariées dès leur arrivée à un soldat, attirées par l’idée de participer à la création d’un État d’un type nouveau, de vouer leur existence à Dieu et parfois par leur indignation devant le sort de la Syrie. Là, on intime aux femmes l'ordre de satisfaire tous les désirs de leurs époux et de lui donner au plus vite des rejetons. Elles sont tenues d’enfanter dans l’année ou les dix-huit mois qui suivent l’union. Elles baignent aussi dans une culture du veuvage qui les conduit à exalter elles-mêmes le suicide de maris dont elles ne sont souvent l’épouse que quelques semaines.  

Les pères ne sont pas tout à fait absents du paysage non plus, observe radio Free Europe. Entre deux batailles, ils ne se privent pas d’abreuver les réseaux sociaux de photos de leurs nourrissons ou enfants des armes à la main, ou un bandeau noir de Daech ceint autour du front. 

Une relation père-fils perverse

Fierté paternelle dévoyée, exhibitionnisme familial classique sur internet, propagande bien sûr, il entre un peu de tout ça dans ses clichés de bébés djihadistes. Mais l’article évoque une autre fonction de la mise en scène des enfants par leurs pères, militants de l’EI: signifier aux musulmans qui refusent de céder aux sirènes de la guerre et de l’État islamique que leurs gamins sont plus virils qu’eux.  

Un endoctrinement qui porte déjà ses fruits, comme le prouve la dernière vidéo en date de Daech montrant un jeu de piste atroce dans une citadelle médiévale syrienne lors duquel des enfants (qui semblent âgés de 8 ans au maximum) trouvent puis exécutent des prisonniers présentés comme des espions, décrit le Daily Mail.

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