Science & santéEconomie

À quel prix estimez-vous une année de vie supplémentaire?

Repéré par Lorenzo Calligarot, mis à jour le 03.12.2015 à 14 h 13

Repéré sur BBC

Le coût de la prolongation de la vie de patients en phase terminale est une question que se posent les professionnels de santé.

Le docteur Stéphane Mercier, chef de l’unité de soins palliatifs, avec un patient à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif le 4 mars 2015 | REUTERS/Philippe WOJAZER

Le docteur Stéphane Mercier, chef de l’unité de soins palliatifs, avec un patient à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif le 4 mars 2015 | REUTERS/Philippe WOJAZER

La vie n’a pas de prix. Sauf que, concrètement, elle en a un, surtout chez les personnes en phase terminale, souligne la BBC. Combien seriez-vous prêt à payer pour quelques mois voire quelques années de vie supplémentaire? La question est difficilement audible, surtout lorsqu’il s’agit d’un proche. Les professionnels de santé sont pourtant obligés de se la poser: comment décider de la prescription ou non de médicaments qui pourraient prolonger la vie d’un patient? 

Les traitements destinés aux malades en phase terminale sont très chers; mais le prix n’est pas la seule donnée à prendre en compte. Pour cela, il existe un indicateur appelé QALY, de l’anglais «quality-adjusted life year», soit «année de vie pondérée par la qualité», qui estime la valeur de la vie en y intégrant la qualité de vie. Si le suivi d’un traitement fait gagner une année de vie en bonne santé, il obtient la note de 1; moins il empêche l’état de santé de se dégrader, plus sa note se rapprochera de 0.

C’est en fonction de cette note que les professionnels de santé détermineront si les remèdes médicamenteux valent leur prix. Pour une note de 0,5, les autorités de santé du Royaume-Uni recommandent que le traitement coûte, à l’année, entre 14.000 et 21.000 euros; s’il dépasse les 21.000 euros, la NHS, le système de santé public britannique, ne le remboursera pas. Des militants se battent au Royaume-Uni pour faire pression sur les compagnies pharmaceutiques afin qu’elles baissent le prix des médicaments. De son côté, le gouvernement britannique a récemment envisagé d'augmenter les fonds alloués aux malades en fin de vie.

Un problème est néanmoins soulevé par Dominic Wilkinson, un médecin en soins intensifs au Centre Uehiro de l’université d’Oxford. Il explique, dans des propos relayés par la BBC, que ces dépenses représentent inévitablement un sacrifice pour d’autres patients comme les malades mentaux ou les personnes handicapés. Une étude britannique menée sur 4.000 personnes démontre «qu’elles ne sont pas à l’aise avec l’idée de donner plus d’argent à des gens qui sont des malades en phase terminale par rapport aux personnes qui pourraient en bénéficier à d’autres stades de leur vie». Wilkinson explique que, «bien qu’il soit très compréhensible de vouloir acheter des médicaments coûteux pour les malades en phase terminale, [il] ne pense pas que cela reflète le point de vue du grand public ou ceux des patients».

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